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Les OKR : C'est facile ? On en discute

May 11, 2022
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Le terme OKR est le grand « buzz word product » de ces dernières années. Mais cette méthode d’organisation nous arrive de bien loin, de 1954 d’abord, par son théoricien Peter Drucker, puis sa mise en pratique dans les années 1970 d’abord chez Intel, avant d’être popularisé chez Google en 1999. Pour savoir comment les Product Managers l’utilisent et ce que leur entreprise en retire, TAK a convié Hermine Fabre, PM chez Stuart et Julien Nuellas, PM chez ManoMano. Vous allez le constater, les OKR n’ont rien de magique et les efforts à fournir sont nombreux. Mais entre implication des équipes et meilleure collaboration, les bénéfices ne manquent pas.

Les super pouvoirs des OKR sur le papier

Selon Peter Drucker, sa théorie du management par objectif devenue OKR (Objectives and Key Results) repose sur 4 pouvoirs :

  • La focalisation et l’implication des équipes
  • La collaboration
  • Le suivi de la trajectoire
  • Le surpassement, soit le fait réaliser ce qui semble impossible

Mais est-ce pour autant facile à adopter aujourd’hui ? Pour Julien Nuellas de ManoMano : « Ce n’est pas aussi simple qu’une recette de cuisine. Les OKR demandent beaucoup d’itérations pour espérer en tirer des bénéfices et il faudra toujours les adapter en fonction des besoins ». Pour autant, les OKR sont le mot adopté chez ManoMano pour définir et fixer les objectifs au sein d’un framework et des équipes agiles, lesquelles proposent les supports de travail : « il faut alors tester, se planter, et refaire ». De plus, un bon OKR nécessite un bon discovery, l’un ne va pas sans l’autre tant cette méthode est liée à la stratégie globale de l’entreprise : « Nous devons en permanence quantifier et mesurer l’évolution pour apporter une transparence ».

Pour Hermine Fabre, chez Stuart : « Mettre en place les OKR, c’est simple en théorie, mais en pratique, cela demande énormément de versions, avec des moments de panique inévitables. » Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? « Oui, parce qu’à la fin, cela rend le travail beaucoup plus facile et c’est ce que l’on recherche ». 

Quelles problématiques à l’origine mènent à choisir les OKR ?

Stuart est une entreprise qui a grossi rapidement, que ce soit en termes de clients, de développement à l’international, avec ce que cela implique dans l’éloignement des équipes : « Le choix des OKR avait donc pour but de les aligner et donner un sens à la globalité du produit ». 

Chez ManoMano, les OKR devaient aussi apporter une meilleure collaboration face à une importante croissance et une organisation changeante : « Les OKR permettent de focaliser l’attention sur l’engagement, d’amener les équipes produit sur les enjeux et impacts business. Ce qui a néanmoins nécessité un travail de pédagogie pour que les développeurs comprennent le besoin d’alignement et d’engagement actif. »

La concrétisation et l’amélioration continue

Chez Stuart, tous les semestres, chaque squad définit ses OKR qui sont soumis au VP Product, avec une phase dédiée à la communication aux équipes. A cela s’ajoute un update avec des indicateurs verts, orange ou rouges qui permettent de situer l'atteinte ou non de l'objectif, « et sinon, de comprendre comment y remédier » précise Hermine.  « Cela arrive car chacun a sa façon de travailler, et les OKR sont soumis à des biais dans la formulation. De mon côté, j’avais par exemple tendance à être trop orientée solution, ce qui fait partie des erreurs typiques. »

Pour ManoMano, quelques semaines avant le PI, les priorités sont décidées en OKR : « Nous déterminons sur quel sujet l’exploration est bonne. Puis, à la fin du PI, nous présentons les OKR validés, ce qui dessine la structure sur les 3 prochains mois. »

Les conséquences positives de la méthode OKR

Les bénéfices sont aujourd’hui palpables. Julien Nuellas explique que « l’engagement des équipes s’est renforcé : ils savent pourquoi ils travaillent sur un projet, quels sont les enjeux, et cela leur redonne de l’autonomie ». Les OKRS stratégiques favorisent ainsi l’appropriation du problème. 

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder un exemple concret : « Nous devons ajouter des champs de personnalisation pour les marchands, ce qui nécessite 5 équipes. Avant les OKR, nous aurions fait appel à un comité d’objectif. Il aurait fallu que je récupère l’info dans un flux, que je la processe avant de la transmettre à l’autre équipe. Mais avec l’OKR, tu te demandes en amont comment tu vas gérer le workflow ».  Cela montre que les OKR permettent de poser les bonnes questions sur la conduite du changement, la coordination, ce qui apporte un vrai bénéfice, tout en « se sortant la tête du delivery et se projeter sur le prochain trimestre ».

Hermine Fabre précise que les OKR offrent le sentiment d’avoir contribué à faire avancer l’équipe et les projets : « Cela nous challenge chacun dans notre rôle, si bien qu’il faut être exigeant pour les définir et les rédiger. Cela nous force aussi à mieux connaître les opportunités et à creuser toujours plus. »

Sur quels enjeux des OKR être attentif ?

Hermine Fabre explique que les problèmes dans la rédaction initiale sont la source d’autres erreurs, cette étape est donc essentielle : « J’insiste vraiment sur le fait de ne pas trop s’orienter sur la solution, car celle-ci peut différer à la fin et le travail réalisé n’aura plus de sens. Il faut aussi se donner une date pour cadrer, découper et se donner une limite ». Pour Julien Nuellas : « Le manque de précision de l’OKR est un piège, de même que le manque de communication. Il faut avoir un storytelling clair de ce que l’on fait, et par conséquent travailler sur le pourquoi ».

Les do et les don’t sur les OKR

Hermine :

Do : Les suivre régulièrement, en tirer des leçons même quand ils sont atteints 

Dont’ : être imprécis sur la formulation

Julien :

Do : Penser stratégie

Don’t : Ne penser que tactique 

Il est désormais temps de savoir quels super pouvoirs ils retiendraient sur les OKR. Pour Hermine : « Focalisation et alignement, les OKR rassemblent sur les mêmes objectifs ». Et pour Julien avec un sourire : « La collaboration, même si on galère toujours un peu ! ».

Des outils et des ressources pour les OKR

Google Sheet pour commencer puis GEAR. Un article de Tim Herbig : « A Practical Guide to Using OKRs in Product Management »

Product Board, une page Confluence et LOOM, simple et efficace. La newsletter d’Olivier Courtois, Productverse.

Conclusion :

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