Product Owner : Quelles compétences pour quels types d’entreprises ?

March 10, 2021
Rédigé par
Gaëlle Seret

Le Product Owner ou PO est au centre de chaque cycle de développement. Il est le premier responsable de la définition et de la conception du produit. Souvent comparé à un chef d'orchestre, il pilote les itérations successives  jusqu’au delivery du produit final. 

Son rôle est central car il cumule souvent un savoir-faire technique pour être capable d’échanger avec les développeurs et un “savoir-être” pour gérer tous les échanges avec les clients et les autres acteurs du projet.

En fonction des environnements de travail (type d’organisation, taille de l’entreprise, taille de l’équipe…) les compétences auxquelles un PO devra faire appel ou celles qu’il devra acquérir, peuvent varier. 

Nous vous proposons un tour d’horizon des compétences et des connaissances qui vous seront utiles (ou celles que vous devrez acquérir) ainsi que les problématiques et enjeux qui leurs sont liés en fonction du type d'organisation que vous allez potentiellement rejoindre au cours de votre (longue et heureuse !) carrière de Product Owner. 

PO, un rôle souvent mal compris

Le Product Owner est responsable de maximiser la valeur du produit résultant du travail de l’équipe de développement. 

Dans la méthodologie agile Scrum, le PO est le “propriétaire du produit”. Il fait le lien entre la partie métier (vision business) et la partie technique du projet. Il doit porter la vision du produit en étant l’interface entre l’utilisateur et les développeurs.

La valeur

Contrairement à ce que l’on pense souvent, le PO n’est pas responsable du produit, mais bien de la valeur à livrer (pas de ce qui est livré). La pertinence et la précision des users stories qu’il fournit permettent aux équipes de développer un produit de qualité dans lequel s'expriment les attentes utilisateurs. 

→ Quel que soit le type d’entreprise que vous rejoindrez, votre faculté à “prendre de la hauteur”  en questionnant chaque phase de développement est essentielle.

Le Backlog

Ensuite, rappelons que le PO s’il est garant de la bonne gestion du backlog, n’est pas responsable des tâches qui en découlent. Le PO veille à ce que le contenu du backlog soit bien compris par les équipes qui se chargent de découper les user-stories en une suite de tâches à effectuer.

→ La rigueur vous rendra crédible , ne l’oubliez pas 

La vision

Enfin, et en théorie, le PO n’a pas de rôle hiérarchique au sein de l’équipe. Il est dans tous les cas, il est au cœur de l’action mais sans pouvoir de contrainte. L’équipe est seule responsable de ses actions. En revanche, c’est au PO de porter la vision du projet et de faire en sorte qu’elle soit partagée et comprise par toutes les parties prenantes : marketing, dév, partenaires, utilisateurs...

→ La subtilité sera une alliée précieuse pour “prendre de la hauteur”, insuffler la vision du projet sans s’enfermer dans le rôle de petit chef. 



(source: LesJeudis.com)


Un rôle exigeant

Les compétences et les qualités requises pour exercer le rôle de PO ne s'apprennent pas toutes à l’école. L’expérience joue pour beaucoup dans la capacité à faire collaborer des coéquipiers venant d’horizons différents entre eux. L’âge des différentes parties prenantes et le secteur d’activité peuvent également influencer la capacité du PO à orienter les actions de chacun dans la bonne direction. Le PO est au cœur de l’action et son poste est donc un des plus exposés. Une des premières qualités du Product Owner est donc l'exigence (avec soi-même) et l’exemplarité afin d’inspirer confiance et gagner rapidement en légitimité surtout sur une première mission. 

Les écueils à éviter

Surtout en début de carrière, le PO a tendance à porter sur ses seules épaules tous les problèmes relatifs au produit. On le surnomme parfois le “Problem Owner” tant il peut être difficile de lâcher prise et de répartir la responsabilité globale entre tous les membres de l’équipe. 

A quelle sauce allez-vous être mangé ? 

“Autres lieux, autres mœurs”, dit le vieil adage. Au-delà de votre niveau d’expérience, votre sens de l’adaptation pourrait être mis à rude épreuve si, en tant que PO vous ne prenez pas en compte le contexte dans lequel votre mission se déroule. Les déconvenues sont nombreuses pour ceux qui ne se conforment pas aux modes de fonctionnement et aux enjeux spécifiques de l’organisation qu’ils intègrent.

PO dans un grand groupe - observer, apprendre, proposer  

Rejoindre un grand groupe c’est avant tout rejoindre une culture d’entreprise et des valeurs auxquelles il vous faudra vous adapter, voire vous plier. Le service IT, est souvent composée d’équipes qui ont déjà “roulé leur bosse” ensemble sur de nombreux projets et qui a donc ses propres modes de fonctionnement.

Dans une grande entreprise, les process peuvent parfois vous sembler lourd et les périmètres restreints surtout si vous avez travaillé dans une petite structure auparavant ; en revanche les moyens mis à votre disposition peuvent vous aider à vous sentir plus à l’aise au quotidien.

C’est aussi rejoindre une structure dans laquelle un junior pourra se sentir épaulé et un senior quelque peu étouffé dans ses prises d’initiatives. Les grandes entreprises laissent parfois moins de place à la créativité en termes de périmètres de travail mais sont de vrais tremplins pour gagner en confiance et acquérir de l’expérience. 

Niveau de maturité agile ★☆☆☆

La taille d’une entreprise n’a pas que des avantages lorsqu’il s’agit d’agilité. Le plus souvent vous constaterez un niveau de maturité agile assez bas voir très bas et une grande inertie voire une résistance au changement. 

L’enjeu principal

Parvenir à se détacher du "day-to-day" qui aura tendance à vous “engloutir” et trouver du temps pour se poser et effectuer un nécessaire travail de fond afin de participer à la transformation agile de l’entreprise en profondeur.

L’erreur à ne pas commettre 

Se laisser happer par le travail purement “produit” et oublier le côté agile de la mission qui doit rester votre priorité. 

Les compétences requises (hard skills) 

  • savoir s’adapter aux livrables existants le plus rapidement possible
  • comprendre (et vouloir comprendre) la complexité des métiers
  • être diplomate et cultiver son réseau

Les compétences requises (soft skills)

  • savoir écouter 
  • collaborer, trouver des compromis

PO dans une start-up - Sky is the limit ? 

Par définition, une start-up est une entreprise qui cherche à disrupter tout ou partie de son marché. Même dotée d’une vision solide, elle tâtonne parfois et laisse une grande liberté d’action à ses équipes pour identifier les nouvelles  problématiques et faire preuve de créativité dans leur travail pour les résoudre. 

La start-up est un monde où les rôles sont moins définis que dans une grande organisation. Le rôle de PO n’a souvent pour limites que celles que vous souhaitez lui donner et on vous laissera toucher à tout (UX design, test…) au sein d’un périmètre élargi au sein duquel un junior un peu frileux peut aussi se sentir perdu s’il n’est pas suffisamment encadré  par ailleurs.

Niveau de maturité agile : ★★★☆

L’agilité est un trait caractéristique des start-up. Mais poussée à l'extrême, cette flexibilité érigée en dogme peut nuire au cycle de développement du produit faute de cadrage suffisant ou d’orientation précise donnée à chaque sprint. Attention donc au péché d’orgueil si vous rejoignez une structure de petite taille; ne vous laissez pas griser par la liberté apparente qui vous est confiée et raccrochez-vous à une méthodologie plus stricte si vous en ressentez le besoin. 

L’erreur à ne pas commettre

N’est pas Mark Zuckerberg qui veut. Tout casser pour tout recommencer en permanence sous prétexte que c’est possible n’est pas la meilleure manière de faire avancer votre projet et cette époque est révolue*.  N’oubliez pas de construire avec les équipes en vous inscrivant dans une démarche d’amélioration continue plutôt que de vous enfermer dans un schéma de destruction/ reconstruction / réinvention permanent.

L’autre erreur fréquente en start-up est de privilégier la rapidité (le fast delivery) au détriment de la qualité du produit. La valeur doit rester votre objectif principal même si le temps presse!

L’enjeu principal 

Il vous faudra vous habituer  à une pression forte et diriger chacune de vos actions vers des résultats concrets. Dans une start-up, l’enjeu principal est souvent la survie de l’entreprise et vous devez apporter votre pierre à l’édifice jour après jour.

Les compétences requises (hard skills) 

  • créer la vision produit, la porter et la faire évoluer en permanence
  • être opérationnel rapidement 
  • être à l’écoute des utilisateurs

Les compétences requises  (soft skills) 

  • savoir cadrer et se donner des limites pour ne pas se faire déborder 
  •  guider une équipe (être un leader sans se positionner en N+1 par rapport aux autres)

PO dans un cabinet de conseil: Rigueur et Exigence au quotidien 

Une entreprise qui fait appel à un cabinet de conseil est à la recherche d’une vision neuve sur une problématique ou un point de blocage en interne. Le PO “placé” chez le client doit savoir faire preuve d’humilité pour comprendre un monde qui n’est pas le sien mais auquel il doit apporter des changements visibles et concrets dans un temps limité. 

Niveau de maturité agile : ★★★☆

  • Un cabinet spécialisé est un creuset pour l’agilité - chaque jour est une opportunité d’apprendre davantage au contact de vos collègues en dehors de missions ou en utilisant à bonne escient les outils de partage de la connaissance mis à disposition.

Les erreurs à ne pas commettre 

  • Veiller à bien valider les objectifs avec le client en début de mission en vous assurant que vous en avez une perception limpide. 
  • Même si votre entreprise n’est pas aussi “collaborative” que vous ne le pensiez, ne restez pas isolé(e), continuez à faire de la veille, à partager , à chercher de l’inspiration par ailleurs

L’enjeu 

  • construire sa crédibilité et bâtir sa réputation auprès du client tout en s’accordant sur les attentes des deux parties. 
  • ne pas se laisser dépasser par les attentes du client

Les compétences requises (hard skills) 

  • être au top sur la qualité des livrables 
  • savoir s’adapter à une ambiance de travail inconnue 
  • être réactif

Les compétences requises  (soft skills) 

  • la rigueur, toujours la rigueur
  • ménager les attentes du client sur ses propres livrables


Par où faut-il commencer ? 

Il n’y a pas de réponse précise et souvent c’est le hasard qui décide. La prudence recommande à un junior de faire ses armes dans un grand groupe pour y apprendre les bases du métier du PO ; mais une première expérience en start-up peut tout aussi bien forcer le PO à sortir de sa coquille et à donner le meilleur de lui-même. 

Chez TAK, notre communauté d’experts réunit des personnes inspirées et inspirantes qui développent les meilleures pratiques agile au sein des grandes organisations. PO, Designer ou Coach Agile, nous partageons une mission : aider les entreprises à être agile, à prendre un temps d'avance, à mieux travailler et à innover.

La communauté réunit des personnes inspirées et inspirantes qui vont enrichir le collectif par leurs compétences mais aussi et surtout par leurs qualités personnelles.

Rejoins-nous !  

Conclusion :


On dit souvent que le PO est le caméléon des équipes IT. Au-delà de ses connaissances et des méthodologies agile utilisées et du type d’organisation dans laquelle il évolue, la première grande qualité de PO sera de parvenir à mutualiser les compétences d’une équipe et d’orienter son action pour délivrer toujours plus de valeur à l’utilisateur final.


Notes

*   The Era of move fst and break things is over 

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