Pussy Riot, foufounes rebelles

Pussy Riot

Pussy Riot : il en faudra plus pour changer la Russie. Hélas…

Les foufounes en révolte. Ou les chattes rebelles, selon la traduction que vous préfèrerez. Pussy Riot : leur nom à lui seul est une provocation. Et lorsqu’elles chantent dans le chœur de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou une prière à la Vierge Marie pour qu’elle écarte Vladimir Poutine, elles font encore de la provocation. Des punkeuses. Pas du tout consensuelles. Mais les punks ne sont pas consensuels.

Les Pussy Riot sonnent-elles l’apocalypse russe ?

C’est après que tout devient incompréhensible. Les hiérarques de l’Église Orthodoxe s’emportent et crient au blasphème. Si le blasphème n’est pas puni, écrit l’un d’eux « le pays sombrera ». Nous sommes dans le délire. Tout comme nous sommes dans le délire quand les trois rioteuses sont jugées, enfermées dans une cage de fer, comme s’il s’agissait de dangereuses terroristes.

Juger au civil un acte commis dans une église est déjà très fort et en dit long sur les liens du sabre et du goupillon en Russie. Cela en en dit long aussi sur la pathologie poutinienne de casser toute opposition, même lorsqu’elle n’est qu’anecdotique. Trois punkeuses le visage recouvert de cagoules tricotées à la main. Un point à l’envers, un point à l’endroit. Et se retrouver condamnées à deux ans de camp de travail, tout là-bas, à 600 kilomètres dans la toundra sibérienne. Si ce n’était pas tragique, ce serait juste ridicule…

Poutine et ses délires autoritaires

Personne ne comprend. Dans le pire des cas, c’était un délit passible d’une amende. Et encore. Mais là, on a jugé des crimes. Dont celui, hérité du code soviétique, de hooliganisme. Cela remonte à l’époque où les manifestations étaient toutes « spontanées », quand les masses laborieuses soutenaient spontanément les caciques soviétiques. Les autres manifs étaient du hooliganisme et finissaient, pareillement, dans la toundra sibérienne.

Comment cela peut-il continuer ? Nul ne sait. Le grand Vlad pourra se la jouer noble et généreux en graciant les trois blasphématrices. Il pourra aussi se couvrir de ridicule quand la Cour européenne des droits de l’homme aura retoqué le jugement, et celui du procès en appel qui va s’ouvrir prochainement. Les arrêts des juges de Strasbourg s’imposent aux justices nationales. Tout ce cinéma jurodico-religieux aura donc été pour rien.

Vladimir Poutine est à la tête d’une démocratie formelle, c’est lui, quasiment tout seul, qui désigne les candidats députés qui sont élus par des électeurs peu habitués, depuis l’époque des Tsars, à mettre en cause le pouvoir. Il a flatté les plus conservateurs, en même temps que les plus dévots ; et il aura fendu un peu plus encore la société civile.

Ceux qui croient pourtant que les Russes vont faire une nouvelle révolution vont probablement en être pour leurs frais. Les classes moyennes et supérieures ont encore trop à perdre pour chasser le patron. Elles ont même tout à perdre, comme l’ont prouvé de récents procès contre des oligarques. Et n’en déplaise à ceux qui font dans l’opposition culturelle, pour vraie que soit leur analyse, ils ne changeront pas le monde russe. Pas encore. Hélas !

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10 Réactions à "Pussy Riot, foufounes rebelles"

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    Tibor Skardanelli 18 août 2012 (09:33)

    Je crois bien que Poutine se moque de la Cour européenne des droits de l’homme comme de son premier tokarev, quant aux chattes émeutières elles seront certainement graciées.
    C’est mal d’aller chanter contre le Tsar dans une cathédrale, tout russe le sait bien, le clergé est dans son rôle et ne pouvait pas laisser passer ça. Nos coeurs d’indignés se tairont quand l(hiver sera venu et que la note de gaz s’envolera, d’autant que les chinois font moins de manières sur ce genre de sujet.
    Je ne sais pas ce qu’on a après Poutine, quand il s’agissait de vendre des mistrals à Dimitri on gardait notre pince à linge dans notre poche, pourtant la nauséabonditude était aussi forte. Toute cette histoire est un peu ridicule, les russes ont d’autres zibelines à fouetter et se moquent un peu des punkettes qui se font d’abord un nom. Je suis suis sûr qu’ils ne sont pas prêts à échanger leur Tsar contre notre Normal 1er.

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    Stéphane Mortimore 18 août 2012 (11:33)

    Qui se font d’abord un nom ? La vision père de famille… »allons rien n’est grave, des petites sottes s’amuse, le bon salaud les graciera »

    En France apparemment on a si peu le sens de l’engagement, on est si contant de soi et de tout savoir, tout penser que forcément ces gamines se font un nom… de la pub… bah tient. Elle pouvait âs être sincère, pas du tout, et le bon Ordre, on ne peut rien faire contre. En attendant elles sont en Sibérie et à mon avis on va attendre longtemps que le bon dictateur les gracie… mais puisque ce n’est qu’un coup de pub… Car pour l’endormi satisfait, tout est un coup de pub. Le IV eme Reich c’est ce que je dis…. Tout est résumable à une lecon de marketing…et après on me demande pourquoi…

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    Tibor Skardanelli 18 août 2012 (12:05)

    Cher éveillé insatisfait, merci pour cet élan d’indignation. Elles sont peut-être sincères mais russes, pas hollandaises, ni françaises. On s’indigne parce qu’elles nous ressemblent, Soljénitsine qui a connu d’autres camps, appelait ce type de régime soutenu par le clergé de ses voeux et de ce que je sais aurait peu apprécié ce genre de provocations. Il voulait retrouver l’âme russe, s’inquiétait du désespoir qui s’était installé chez ses compatriotes et pensait que l’Occident n’était pas la solution pour la Russie. Je me sens plus proche de lui que d’elles non parce que je pense que la Russie est la solution de l’Occident mais parce que les peuples doivent trouver leur chemin tout seuls. Les piaillements que l’on entend ici ne valent pas grand chose là-bas et c’est tant mieux.

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    Tibor Skardanelli 18 août 2012 (12:46)

    Pour le dire autrement, aller à ce point contre lles convenances russes aujourd’hui est au moins aussi grave qu’une prière publique du bloc identitaire à Notre-Dame pour que nous soyons délivrés des sarrasins, à chacun ses interdits. Des agités du bocal qui feraient ça en France se feraient-ils seulement gentiment réprimander ? Bouh, les vilains ! Le clergé ne protesterait-il pas ? Combien de russes soutiennent Poutine et pourquoi ? Combien veulent ressembler aux européens ?

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    Tibor Skardanelli 18 août 2012 (12:54)

    Je propose aussi comme expérience amusante, que des chattes chinoises aillent sur la place Tien An Men pour demander la disparition de la nouvelle bureaucratie mandarinale qu’est le PCC. N’iraient-elles pas visiter le gnouffle chinois illico ? Et que dire d’un grand torchage collectif avec la constitution des États-Unis aux pieds d’Abraham ?

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    Stéphane Mortimore 18 août 2012 (18:09)

    Ah oui c’est vrai, faut surtout pas s’en mêler, on peut pas comprendre, de toute manière c’est foutu d’avance. Restons bien assis, on vous dit puisque que les choses sont comme ca. Dormez bien et contentez vous. C’est tout ce qu’on vous demande après tout.

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    Tibor Skardanelli 18 août 2012 (18:13)

    Ah ! Il n’y a pas de moyen terme entre la provocation adolescente imbécile et l’inaction ?

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    Stéphane Mortimore 18 août 2012 (21:39)

    si apparemment : le paternalisme bon enfant.

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    Marie 19 août 2012 (14:18)

    cher Stéphane vous n’avez donc pas grandi ,vos révoltes adolescentes sont bien jolies.

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    pierre 24 août 2012 (13:26)

    34 ans de pétards ça finit par vous allumer la citrouille Marie.

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