Pour Fillon

La candidature de François Fillon à l’élection présidentielle appelle Bernard Rackham à poétiser : « Oublions nos émois, pensons à la nation / Un seul a la carrure et c’est François Fillon ».

Quand nous aurons mis fin à nos emportements
Nos épouvantements, nos effarouchements
Et nos pieux jugements et nos tressaillements
Quand nous serons lassés de ce chatouillement

Qui se mêle au final à ces ricanements
De ceux qui ont ourdi le vil dénigrement
Sur les ventilateurs ont lancé l’excrément
Pour salir un seul homme qui n’a pas tellement

Plus fauté que bien d’autres et s’est bien acquitté
Des impôts et des taxes que d’autres ont évité
D’un système tordu, il a su profiter
Aucun félin c’est sûr ne vaut d’être fouetté.

Mais on nous vante alors, par l’étrange lucarne
Le jeunot souriant aux mâchoires de carne
Qui n’a fait qu’enfiler, du Hainaut jusqu’au Tarn
Des perles roses et vides, c’est le vent qu’il incarne.

Quand nous aurons cessé nos vils affolements
Et de penser voter, même subrepticement
Pour un petit Mickey, comme un médicament
Qui n’a pas la stature pour un gouvernement

Quand nous aurons enfin, regardé les programmes
De ceux qui nous emmènent au néant et aux drames
Au Goulag, à la guerre, à l’enfer et ses flammes
Véniels et pardonnés nous sembleront ces blâmes.

Demain dans l’isoloir pour la grave élection
Qui compte et va tracer pour cinq ans le sillon
Oublions nos émois, pensons à la nation
Un seul a la carrure et c’est François Fillon.

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Bernard Rackam est chroniqueur à la radio, consultant, père de famille, catholique et breton.

2 Réactions à "Pour Fillon"

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    Patrick 25 avril 2017 (00:17)

    L’article arrive un peu tard !
    Fillon est battu et c’est bien dommage.
    Il nous reste le choix entre Macron et LePen, autrement dit, entre la peste et le choléra.

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    Emmanuel 26 avril 2017 (00:48)

    L’image d’un milieu entre deux maux endémiques me semble, hélas, surtout, illustrer, l’incapacité politique actuelle, d’articuler jugements, actions militantes et consultations électorales. Il y a plutôt frustrations, tactiques et incertitudes. Et les deux positions critiquées ne me semblent nullement symétriques, sauf à adopter la figure de Salomon, qui propose qu’on partage un enfant en deux, pour satisfaire les deux prétendantes au titre de mère.
    Je n’ai pas besoin d’invoquer une mère patrie, pour lire -je n’ai pas le temps de regarder la télé- :
    .qu’un candidat en appelle à l’image du mérite pour disqualifier ses opposants républicains,
    .qu’une candidate, fidèle à son militantisme façon sous-marketing, prétend qu’il faut l’essayer pour l’apprécier.
    L’un essaye de convaincre, sans le lourd appareil militant, dont il prétend s’être émancipé. Et avec la légèreté rhétorique, dont certains dramaturges et humoristes lui reconnaissent la vacuité.
    L’autre, propose un début d’expérience du totalitarisme, par son versant d’encadrement par le loisir électoral.
    Sans définitions et perspectives des enjeux de l’époque, les citoyens qui prétendraient se placer au milieu d’une équivalence mythologique, se trouveraient dans une drôle de position :
    d’une part, les maladies, ça n’arrête pas de changer, et elles n’attendent personne pour l’aider à s’orienter.
    d’autre part, à définir le deux options électorales comme deux pansements infectés, réservés à un usage symétrique, on risque fort de se faire passer pour un trou du cul, entre deux fesses sales.
    Les citoyens français ne sont pas dans une situation glorieuse, mais, ils n’en sont peut-être pas là … ou, c’est peut-être pire.
    Mais je crois, que sans lyrisme à caractère sacré, j’ai encore fait dans le régressif, sans recherche de classe à mériter.

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