Où va notre respect ?

Eric Zemmour respecte donc les « djihadistes ». Pourquoi ? Parce qu’il est leur frère et communie avec eux dans l’avènement immédiat du nihilisme. Plus rien donc désormais, aux yeux de Zemmour, ne sépare Jean Moulin de Mohammed Merah. Dont acte. Il était notre adversaire : il sera notre ennemi.

L’autre jour donc, comme nous le relations ici, Eric Zemmour professait « respecter les djihadistes prêts à mourir pour ce en quoi ils croient ». Vendredi, le parquet de Paris a cru bon ouvrir une enquête préliminaire pour « apologie du terrorisme ». Celui qui, hier encore, était condamné par la XVIIe chambre pour quasi crime d’islamophobie devient aujourd’hui, par la seule grâce de ce que Philippe Muray appelait « l’envie de pénal », l’un des plus zélés suppôts du califat à venir… Tout cela est, en réalité, d’une parfaite incongruité.

Dans une république bien ordonnée, ce n’est pas aux prétoires de régler ni la teneur ni la mesure du débat d’idées. Aucun républicain ne peut décemment tolérer que le pouvoir soit confié à un juge d’arbitrer les élégances intellectuelles. Quand on cherche à restreindre par la loi la liberté d’expression, on peut être assuré qu’il n’y a plus de liberté du tout. La liberté d’expression est totale et entière. Ou alors elle n’est pas.

Eric Zemmour : un nihiliste honteux

Eric Zemmour a bien le droit de respecter qui il veut : Abou Omar al-Baghdadi, Adolf Eichmann ou Charles Manson. On a les révérences qu’on peut. Seulement, nul ne peut nous priver du droit d’écrire qu’Eric Zemmour se manifeste ici tel qu’en lui-même l’éternité le conserve : un nihiliste honteux, c’est-à-dire un être qui communie à l’idée de l’indétermination morale totale – « anything means anything » – tout en excipant toutes les valeurs possibles et imaginables.

L’esprit de M. Zemmour est, en réalité, totalement djihadisé. Dans le lexique qui est le sien – qui lui appartient et que je lui laisse –, l’éditorialiste vedette de RTL n’est qu’un dhimmi du califat islamique. Il affirme son respect pour ceux qui sont « prêts à mourir » pour une cause, mais il omet de dire que ces hommes-là, c’est-à-dire ceux qu’il respecte, ne font jamais simplement que mourir. Avant de passer l’arme à gauche, ils prennent bien garde de causer le nombre le plus élevé de morts possible. Quand un djihadiste tue et assassine, il le fait aussi au nom de « ce en quoi il croit ». Est-ce à dire que M. Zemmour respecte aussi cela ?…

Il oppose un Occident apathique – celui qui assiste à des concerts et boit un coup à la terrasse des cafés – à un islamisme fort et vindicatif. Monsieur Zemmour conspue la mollesse du premier – rien que des « bobos » –, mais « respecte » les valeurs du second. Il voudrait que nous devenions des djihadistes comme les autres. Très peu pour moi, surtout s’il s’agit de combattre avec des foudres de guerre pareils à Eric Zemmour. On ne combat jamais rien en devenant son propre ennemi.

Mais là où les choses prennent un tour décisif, ce n’est pas dans l’habituel blâme que le calife Zemmour voue aux choses et aux êtres de l’Occident. Abou Omar al-Zemmour aura beau dire ce qu’il veut : nous préférerons toujours aller boire un verre à la terrasse d’un café, goûter l’air du temps et la saveur des choses plutôt que d’aller communier dans le néo-déroulédisme qui fait à Zemmour l’office de pensée. Non. Là où la misère du nihilisme zemmourien atteint son apogée – ou plutôt son abîme –, c’est dans l’usage que fait le plus grand de nos intellectuels du terme « respect ».

Le respect : une valeur qui compte en philosophie

Dans l’histoire des idées et de la philosophie, le respect n’est pas anodin. Le terme est vraiment marqué. Ce que la langue française a reçu ici lui vient directement du latin respectus. Ce substantif du verbe respectare signifie 1. l’action de regarder en arrière ; 2. la considération et l’égard ; 3. la possibilité de trouver en quelqu’un ou en quelque chose son salut et son refuge.

Le premier sens – latin – du respect, c’est de marquer l’arrêt. Si Eric Zemmour ne parle qu’avec le Gaffiot à portée de main, on peut s’accorder avec ses vues : les actions des terroristes méritent qu’on s’y arrête un instant. Seulement, ce terme n’est plus employé sous Cicéron déjà qu’en une acception négative : « Fugientibus miserabilem respectum incendiorum fore… » Les Romains du premier siècle avant notre ère ne considèrent plus le respect que comme une forme, non pas d’acuité, mais d’aveuglement…

Le second sens du mot vaut encore en français. Respecter, c’est éprouver de la considération et de l’égard vis-à-vis, non pas d’une chose, mais d’un comportement que l’on juge moral. Lorsqu’on se retrouve face à un paysage magnifique, on ne le respecte pas : on l’admire. Il n’est que dans l’ordre des affaires humaines que l’on peut témoigner de son respect. Je ne connais personne qui ne respecte pas Jean Moulin – il faut dire que je ne suis pas un lecteur habituel de Rivarol. Chacun acceptera – y compris Eric Zemmour, parce qu’il n’est pas si bête – que Jean Moulin est mort, le 8 juillet 1943, pour des idées qu’il croyait le dépasser.

Dès lors, pourquoi respecter Jean Moulin, mort pour des idées, et ne pas respecter les djihadistes, morts aussi pour des idées ? Pour une simple raison. Nous ne sommes pas nihilistes. Nous croyons que toutes les valeurs ne se valent pas et que le respect que nous éprouvons pour un mort ne se porte jamais sur l’acceptation de la mort, mais sur les valeurs qu’incarnait celui qui est mort. Si l’Eglise catholique – que Zemmour défend, sauf lorsqu’elle parle par la bouche du pape François – a voué à la gloire de ses autels saint Maximilien Kolbe et qu’elle n’a pas daigné sanctifier tel ou tel soldat SS mort sur le front russe, pourtant catholique convaincu, c’est parce qu’elle ne se maintient pas dans le nihilisme zemmourien mais qu’elle fait la différence dans les valeurs, les vertus et leur héroïcité.

Nos ancêtres les Romains nous donnent, enfin, une troisième acception au mot « respectus ». Le sens est assez classique. On le retrouve chez Cicéron quand il écrit : « Respectum ad senatum non habere… » (Ne pas avoir de refuge au sénat.) Le respect, c’est aussi la possibilité, nous prévient l’ancienne Rome, de compter sur quelqu’un ou quelque chose pour y trouver refuge. Je ne veux surtout pas jouer le lacanien de service, mais il appert ici qu’Eric Zemmour, en respectant les djihadistes, trouve le refuge de sa « pensée » auprès d’eux. L’éditorialiste ne rêve que d’une chose : qu’au califat islamique l’Occident oppose un califat zemmourien.

La philosophie des va-t-en guerre

Seulement, foi de Céline et de Brasillach, les éditorialistes éditorialisent. Jamais ils ne portent les armes ni sont en première ligne. Quand la guerre totale est déclarée, la guerre qu’ils ont pourtant voulue et appelée de leurs vœux, un simple rhume peut les retenir au lit.

Et c’est au lit de ces pauvres biquets qu’il faut toujours lire ce que Kant écrivait dans sa Doctrine de la vertu, qui constitue la deuxième partie de sa Métaphysique des mœurs : « Je ne puis refuser tout respect à l’homme vicieux lui-même, comme homme, car, en cette qualité du moins, il n’en peut être privé, quoiqu’il s’en rende indigne par sa conduite. » C’est ici que le bât blesse. Le respect que concède Zemmour au djihadiste ne se fonde aucunement sur sa qualité d’homme, mais uniquement sur son vice et les forfaits qu’il est prêt à commettre. C’est ici une inversion totale des valeurs, une inversion à laquelle même Nietzsche n’avait jamais songé.

Il a fallu que l’esprit déjà tourmenté de Zemmour s’épanche et se répande en pareille déglinguerie pour qu’on puisse jamais considérer que la vertu vaut le vice et le vice la vertu.

Cela, chez moi et chez mes maîtres, on l’appelle nihilisme. Où va le respect d’Eric Zemmour ? A l’absence totale de valeurs, c’est-à-dire à l’alignement vers les criminels qui assassinent, égorgent et tuent. Ils le font, sans doute, au péril de leur propre vie, mais c’est ce seul péril qu’Eric Zemmour honore. Et c’est ainsi que notre nouveau calife se disqualifie complètement dans ce qui tient lieu à l’Occident de propre pensée et de philosophie.

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François Miclo est rédacteur en chef de tak.fr

28 Réactions à "Où va notre respect ?"

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    Tibor Skardanelli 9 octobre 2016 (00:21)

    Qu’a dit Zemmour exactement ? Il a dit :
    « Quelle condescendance ! Moi, je prends l’islam au sérieux, je ne le méprise pas ! Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou des fous. Au sommet, il y a des théologiens qui appliquent exactement leur idéologie coranique et légitiment tous leurs actes par des sourates ou des actes du Prophète. Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables. »

    Puis à la question :
    « Vous respectez des gens qui roulent en camion sur des enfants ? Qui tuent des journalistes parce qu’ils ont représenté leur prophète ? Vraiment ? »

    Il répond :
    « Pardon de vous chagriner, mais l’Histoire, c’est ainsi, des innocents meurent parce qu’ils sont dans le mauvais camp, ou au mauvais endroit au mauvais moment. Et oui, quand des gens agissent parce qu’ils pensent que leurs morts le leur demandent, il y a quelque chose de respectable. Et en même temps de criminel et de mauvais, c’est ainsi, les humains sont
    complexes. Donc combattons-les, mais arrêtons de les mépriser. Du reste, c’est encore une forme de mépris de prétendre que nous sommes responsables de leurs malheurs. Quelle arrogance inouïe ! On croit qu’ils ne font que réagir à notre histoire alors qu’ils se sont réappropriés leur propre langage islamique des origines. »

    Ce dont il est question ici c’est nous, et toutes les dissertations savantes sur le sens d’un mot ne peuvent se substituer au texte auquel il appartient. Que comprendre dans ce texte donc ? Nos ennemis possèdent une vertu essentielle que nous avons perdue : la volonté de se battre pour ce à quoi ils croient. Ce qu’il respecte, en d’autres termes, c’est d’avoir au minimum cette vertu. Ce qu’il déplore plus précisément c’est que nous l’ayons perdue.
    Quand le pape François compare la violence des jihadistes à la violence des chrétiens aujourd’hui, quand il met sur un même plan la violence des attentats et la violence domestique, il est autrement plus nihiliste que Zemmour et ses provocations, et pour tout dire s’aligne vraiment sur les criminels qui assassinent, égorgent et tuent, puisqu’il ne voit pas de différence entre la violence des un et celle des autres.
    Sauter sur la moindre phrase, attendre le faux pas, voilà une curieuse façon de débattre, mais suis-je bête on ne débat pas avec la bête immonde, Zemmour est à tout jamais dans le camp du mal. Pourquoi ? Parce qu’il est isla-mo-phobe ! Il est autorisé de dire que le christianisme est une idéologie putride, d’exposer des crucifix trempant dans de l’urine, et j’en passe et des meilleures, mais il interdit de dire quoi que ce soit de l’islam. Il n’est pas permis de s’interroger sur l’intolérance d’un nombre croissant de musulmans, sur leur antisémitisme ordinaire, sur leur mépris grandissant de nos lois : souvenons-nous de la minute de silence dans les écoles.
    Il y avait-il un problème allemand entre les deux guerres ? Oui, évidemment. Il y a-t-il un problème musulman aujourd’hui ? Probablement. Le tort de Zemmour est de le dire, mais surtout d’obtenir l’écoute d’une part grandissante de la population.
    Il est odieux, que se déchaine contre lui toute cette vindicte quand dans le même temps, ceux-là qui crient haraut sur le baudet restent étrangement silencieux sur les multiples appels à la haine de prédicateurs musulmans dans notre pays même, essaient de donner des motivations psychologiques aux assassins, refusent de reconnaitre que leurs assassinats sont justifiés par une lecture attentive des textes religieux de l’islam par des hommes pieux et savants.
    La haine vouée à Zemmour est la haine des bourgeois pour la putain qu’ils vont discrètement retrouver le soir. C’est la haine des gens bien, qui ne veulent pas que l’on dérange leur confort moral. Il est commode de renvoyer les islamistes et ceux qui critiquent l’islam dans le même camp du mal, ça évite de regarder en face le danger qui monte, ça permet de croire à sa supériorité morale.

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      François Miclo 9 octobre 2016 (09:26)

      Mais Tibor, ce n’est pas un « faux pas », c’est un long développement dans lequel Eric Zemmour nous dit que le culte de la mort auquel sacrifient les djihadistes est respectable !

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        en passant 9 octobre 2016 (13:38)

        Mais c’est plutôt ce que disait le pape François (pas celui qui pontifie ici, celui qui a malheureusement remplacé Ratzinger). Souvenez-vous de sa réaction après l’attentat contre Charlie Hebdo : « si vous insultez ma mère, je vous mettrai un coup de poing ».
        Donc tout au rebours de ce que vous affirmez, c’est le pape François qui demande de respecter les djihadistes. Et Zemmour dit plutôt qu’il faut les prendre au sérieux, donc considérer que peut-être ils vivraient mieux ailleurs qu’en Europe (et nous aussi).

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    Gilles Fabre 9 octobre 2016 (09:00)

    Je plussoie ! Je rajoute simplement, que Zemmour doit être, maintenant, combattu de manière implacable !

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      en passant 9 octobre 2016 (13:39)

      Bah vas-y, fais ta chahada et montre le chemin…

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    Serge 9 octobre 2016 (09:05)

    J’aimais bien Monsieur Miclo quand il écrivait dans Causeur. Il avait une belle plume et disait des choses pertinentes.
    C’est dommage.

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    P. De Bonchamp 9 octobre 2016 (09:52)

    « La liberté d’expression est totale et entière. Ou alors elle n’est pas. »

    Ceci est extrêmement faux. Les libertés forment une forêt, dans laquelle chacun des libertés voit son espace restreint pas les autres libertés de le même personne (ex. la liberté d’être en bonne santé restreint la liberté de manger ce que l’on veut), et SURTOUT par les libertés des autres (d’où naît la notion de devoir, jumeau inséparable de chaque droit).

    C’est pour cela que la liberté de pensée est immense, mais que la liberté d’expression est multiplement bridée, dans une société civilisée : interdiction des injures, des incitations à la haine et au meurtre, des diffamations, des atteintes à la vie privée… car le droit à la vie, à la dignité, au respect de la vie privée, EXISTENT.

    Pour le reste, Zemmour joue sur l’ambiguité du terme « respecter », pour le plaisir de faire de la polémique, et c’est déjà très réprouvable en soi. Mais son propos n’est pas pro-djihadiste (il ne manquerait plsu que ça), car il souligne que « ne pas mépriser » n’implique pas « ne pas combattre ».

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    Tibor Skardanelli 9 octobre 2016 (12:31)

    Bien sûr que c’est un faux pas, François. Il ne dit en aucune façon qu’il respecte les assassins, il dit qu’il y a au moins une chose de respectable chez eux, c’est leur détermination à se sacrifier pour défendre ce à quoi ils croient. C’est un faux pas, car ce qu’il respecte ce n’est pas, comme tu le dis, un culte de la mort, mais le courage. C’est un faux pas, car il s’expose au procès que toi et d’autres lui intentez, à savoir qu’au fond, il est l’expression du même nihilisme que celui des assassins.

    Toi et d’autres êtes en train d’affirmer que les jihadistes sont des faibles d’esprits, de personnes suicidaires, de pauvres gens perdus à la recherche de valeurs. Il vous répond que non, ces gens-là se battent pour leurs croyances, votre commisération, votre mépris masque leur dangerosité. Ce sont des familles entières qui partagent l’idéologie de l’islam fou, c’est toute une jeunesse qui adhère au califat, c’est la grande majorité des musulmans qui se trouve piégée entre la loi du groupe et votre mépris compatissant.

    Qu’avez-vous à proposer au romantisme qui pousse des gosses de quinze ans à se carapater en Syrie pour servir de repos du guerrier aux fiers combattants de l’islam ? Des cellules psychologiques, des centres de déradicalisation ? Ce que Zemmour pointe du doigt c’est notre lâcheté, notre refus de prendre les choses à bras le corps, notre refus de faire le constat qui s’impose : l’islam aujourd’hui et maintenant est un système totalitaire et hégémonique qui nous a déclaré la guerre. Ce que Zemmour dénonce c’est notre mépris de cet ennemi, notre refus de le considérer comme tel.

    Tu parles de nihilisme tout en sachant que ce terme recouvre des notions différentes, tu sais très bien que notre relativisme que vomissent les islamistes en est une forme évidente, tu utilises ce mot pour frapper l’imagination : seraient nihilistes les seuls assassins, pas ceux qui tendent la gorge à leurs couteaux. Je ne t’ai pas entendu tonner quand Virginie Despentes déclarait aux Inrocks :

    « Je les ai aimés dans leur maladresse – quand je les ai vus armes à la main semer la terreur en hurlant “on a vengé le Prophète” et ne pas trouver le ton juste pour le dire. Du mauvais film d’action, du mauvais gangsta-rap. Jusque dans leur acte héroïque, quelque chose qui ne réussissait pas. »

    Tu me diras que tu ne peux pas pondre un papier à chaque fois qu’une conne déblatère, et tu auras raison, mais je crois surtout que tu sais ce qu’il y a de juste dans ce que dit Zemmour. Tu sais très bien qu’il y a un grave problème, que quelque chose de dangereux est en train de se développer, mais tu te dis que si nous faisons suffisamment de concessions, que si nous consentons à suffisamment d’accommodements raisonnables les choses se tasseront d’elles-mêmes. Cela a déjà été la réponse des démocraties face à la montée du fascisme : on sait ce qu’il en fut.

    Où sont tes articles dénonçant avec la même virulence et la même outrance les véritables prêcheurs de haine ? Où sont tes dénonciations de l’islam totalitaire et hégémonique ? Je n’ai lu ici à propos des attentats que des banalités que cette note de bas de page résume bien, je trouve : « Je reviendrai, ultérieurement, sur la question psychiatrique. Elle revient trop souvent dans le profil des terroristes pour que nous puissions l’éluder comme si rien n’existait. » On peut dire que c’est la seule chose que tu n’aies pas éludée à ce propos.
    Qu’est-ce qui t’empêche de parler ? As-tu peur que l’on te prenne pour un islamophobe ? Cette peur t’empêche-t-elle de penser, d’au moins dire ce que tu penses vraiment ?

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    Jean-Yves Pranchère 9 octobre 2016 (18:15)

    Dans le même sens que cet excellent billet, il y a ce statut Facebook d’André Markowicz qui, je crois, répond fort bien à certains commentaires déposés ici, qui semblent croire qu’on peut résister au fascisme et défendre la démocratie en faisant sienne la devise « Viva la muerte » : https://www.facebook.com/andre.markowicz/posts/1816562575222713

    Et sinon, relire la conférence de Raymond Aron de 1939, «  »Etats démocratiques et Etats totalitaires », relire Leo Strauss, « Nihilisme et politique », pour comprendre en quoi Zemmour n’est pas un ennemi du relativisme et de la lâcheté nihilistes, mais au contraire une de leurs incarnations.

    Et qu’il n’est certainement pas une défense contre ce qui nous menace, mais au contraire un appel à ressembler à ce qui nous menace, et que par là il contribue, avec d’autres du camp opposé, à détruire nos défenses morales.

    La confusion n’est pas une ressource. Elle est ce qui résiste le moins.

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      François Miclo 9 octobre 2016 (20:14)

      Oui, cher Jean-Yves. Mais certains préfèrent encore avoir tort avec Zemmour plutôt que raison avec Aron.

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      Tibor Skardanelli 9 octobre 2016 (20:35)

      Encore faudrait-il prouver qu’il ait fait sienne la devise des tercios. Appelez son peuple à sortir de la léthargie est-ce condamnable ? « We shall fight on the beach… » était-ce du nihilisme ? Bien sûr, Zemmour n’a pas cet art oratoire, mais son propos est le même : il est temps de faire face, il est temps de se battre s’il le faut, ce n’est pas en créant des cellules psychologiques que nous feront rendre gorge à nos ennemis.
      La guerre nous a été déclarée, nous n’avons aucune prise là-dessus, mais mépriser et sous-estimer nos ennemis est la pire attitude que nous puissions avoir. Je crois pour ma part que c’est là son propos : nos ennemis sont déterminés, intelligents et animés par des valeurs morales qui, si elles sont souvent contraires aux nôtres, les confortent dans l’idée qu’ils nous sont supérieurs. Zemmour dit préférer cette attitude à celle de la soumission qui semble prévaloir chez nous. C’est là le fond du problème et c’est bien ce qui est dit dans le billet que vous nous soumettez :
      « La phrase de Zemmour sous-entend que nous avons perdu la foi, la grandeur, le sens du sacrifice — le sens de l’épopée. Dire ça, c’est une saloperie. Une saloperie à la Junger, ou à la Mishima — saloperie de cette droite qui voit le monde en termes de batailles, de guerre, d’héroïsme guerrier et soi-disant viril. Saloperie de cette droite qui, elle aussi, méprise la vie — je veux dire la vie des gens, la vie toute simple. »
      Je trouve que c’est tout à fait bien dit, et si là est le péché de Zemmour, je l’absous sans hésitation. Cette saloperie est ce qui permet aux peuples de survivre : au « plutôt rouges que morts » des gentils pacifistes des années 80 succède le « plutôt dhimmis que morts » des gentils bobos du XXIe.
      Quant au nihilisme, je trouve que c’est devenu un mot fourre-tout qui permet de caractériser les méchants : au lieu de dire Zemmour est méchant, il refuse de se coucher devant les prétentions toujours plus exorbitantes des islamistes, on dit Zemmour est un nihiliste, il refuse l’identité heureuse.

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        Jean-Yves Pranchère 9 octobre 2016 (21:22)

        Je vois que vous ne comprenez pas ce que dit le texte de Markowicz dans ce qu’il a de pertinent. « Plutôt rouges ou dhimmis que morts », au passage, ce n’est pas du tout ma tasse de thé. La question est de savoir si on place l’héroïsme là où il est : dans la capacité à mourir pour défendre la justice ou les conditions d’une vie digne d’être vécue (l’héroïsme d’un Churchill ou d’un de Gaulle), ou dans la capacité à mourir tout court, y compris pour défendre une idée indigne. Cette deuxième possibilité, qui tient pour respectable la capacité à mourir pour une cause quelle qu’elle soit, c’est l’héroïsme selon le Jünger des années 30 ou selon Mishima ou selon Drieu (qui sont, eux, à la différence de Zemmour, des grands écrivains), et c’est très exactement le nihilisme.
        Lisez donc Leo Strauss à ce sujet, « Nihilisme et politique » (qui vise entre autres Jünger) : c’est exactement cela qu’il décrivait. Parler de « mot fourre-tout » à propos d’un concept que quelqu’un comme Leo Strauss, un des plus grands philosophes du XXe siècle, utilisait avec toute la précision requise et une parfaite connaissance de l’histoire du mot, me semble difficile.

        Par ailleurs, dire « la guerre ! la guerre ! » n’a jamais rendu capable de la gagner. Ce qui fait gagner les guerres, c’est l’analyse et la stratégie. Et le discours consistant à dire : « nos ennemis, eux, savent mourir, et pas nous », c’est plutôt du défaitisme qu’autre chose. C’est le discours que tenaient avant 38 tous les totalitaires et tous les futurs collaborateurs, tous ceux qui ont préparé la défaite de 1940 : « les populations avachies des démocraties sont incapables de se battre ». L’histoire a prouvé que c’était faux : le véritable héroïsme, celui qui aime la vie et pas la mort, l’héroïsme par humanité, celui de Churchill que vous citez, a été du côté des démocraties. Et c’est ce que dit Markowicz : la haine de « l’avachissement démocratique » risque bien de cacher un mépris des formes quotidiennes et humbles de l’héroïsme — de ses formes humanistes et chrétiennes, pourrait-on dire —, et une admiration de la mort qui est précisément le propre des djihadistes. On entend là quelque chose comme : « plutôt djihadistes que démocrates » — ou, sous une forme plus développée : « devenons des djihadistes de nos valeurs (on ne sait pas quelles elles sont, mais tant pis) ». Ce qui serait une victoire du djihadisme.

        Le djihadisme n’a rien de respectable, c’est tout et c’est aussi simple que ça. Pour le combattre, nul besoin de lui accorder une authenticité philosophique ou religieuse qu’il n’a pas. Lui accorder une telle authenticité, c’est précisément se coucher devant les prétentions les plus exorbitantes des islamistes.
        Autant que je sache, de Gaulle n’a jamais dit que Hitler devait être respecté comme une incarnation de la haute culture allemande et de la philosophie occidentale. Ou comme une figure de l’héroïsme.
        Car non seulement il n’y a pas de contradiction entre victoire et mépris de l’ennemi, pourvu que ce mépris ne soit pas désinvolte — ceux qui ont vaincu les nazis les méprisaient (je n’ai jamais entendu un résistant me dire qu’il « respectait » les SS) —, mais surtout aucune victoire n’est possible quand on se méprise soi-même. Et ce que porte Zemmour, c’est la culture — ou plutôt l’inculture — du plus délétère des mépris, le mépris de soi.

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          Tibor Skardanelli 9 octobre 2016 (22:41)

          Le nihilisme est un mot fourre-tout, car son sens diffère selon les auteurs, le nihilisme de Nietzsche n’est pas celui de Heidegger par exemple, et encore ne parle-t-on là que de penseurs.
          Mais peu importe, dire qu’être prêt à mourir pour ses idéaux est respectable ne revient pas à dire que toutes les valeurs se valent, je ne vois pas ce qui vous permet de faire cette extrapolation. Ce qui est respectable c’est le courage, nos ennemis aussi infâmes soient-ils sont courageux : c’est ce que pense Zemmour, ce ne sont pas des gens qui se suicident parce que la vie n’a pas de sens pour eux ou parce qu’ils n’ont pas de valeurs, ce sont des gens qui se sacrifient pour un idéal. Que Leo Strauss ait sa propre définition du nihilisme que vous faites vôtre n’y change rien. Je trouve par contre qu’il n’est pas honnête de s’appuyer sur cette définition pour ranger Zemmour dans le camp des jihadistes, non seulement lui a-t-on suffisamment fait le reproche d’être sans concession sur ce point, mais encore rien ne permet dans ses écrits, en dehors de cette extrapolation hasardeuse de penser qu’il partage quoi que ce soit avec eux.
          Où avez-vous vu qu’il appelle à la guerre ? Dire que nos ennemis nous ont déclaré la guerre revient-il à dire qu’on est celui par qui elle arrive ? Ce n’est pas parce que la Grande-Bretagne a pu échapper, in extremis, au sort qui fut le nôtre qu’il faut essayer de tordre les faits : Churchill comme de Gaulle avaient eux aussi dénoncé notre impréparation et notre angélisme devant Hitler, c’est une chambre de gauche qui a donné les pleins pouvoirs à Pétain, il ne faudrait pas tout mélanger pour justifier notre aveuglement actuel devant le danger islamiste.
          En aucun cas Zemmour dit qu’il ne sert à rien de résister, bien au contraire, ce serait plutôt le camp dans lequel vous semblez vous rangez qui prone le même angélisme qui nous fut fatal en d’autres temps, et nous amena à nous en remettre aux partisans de la collaboration.
          Quant à l’admiration de la mort, c’est vous qui la voyez, je ne vois pour ma part qu’un respect du courage, encore des extrapolations hasardeuses, pour essayer de transformer Zemmour en une espèce de collaborateur d’une autre époque au mépris de la logique et de ce qui est effectivement écrit.
          Je serais plutôt d’accord avec la question du mépris, je pense qu’il est effectivement possible de mépriser son ennemi dans la mesure ou ce mépris n’est pas désinvolte, comme vous le dites, et que Zemmour à tort sur ce point, mais pour moi l’essentiel est qu’il soit déterminé à les combattre, ce qui n’est malheureusement pas le cas de ceux que l’on entend habituellement dans les médias.
          Enfin votre affirmation sur le mépris de soi-même qui le caractériserait est de la pure malveillance dénuée de tout fondement, ce qui n’honore pas votre camp.

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          Tibor Skardanelli 9 octobre 2016 (23:10)

          Si vous répondez, sachez que je ne serai pas en mesure de le faire de mon côté avant une semaine.

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            Jean-Yves Pranchère 10 octobre 2016 (00:07)

            Il n’est pas nécessaire de prolonger outre mesure la discussion, d’autant que vous y mêlez des propos hors sujet sur « mon camp » , mon « angélisme », « ceux qu’on entend habituellement dans les media » (comme si Zemmour n’en faisait pas partie), ou le classique « la chambre de gauche qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain » (comptez donc en pourcentage quelle proportion de la droite et quelle proportion de la gauche les ont votés), etc., etc. Autant d’attaques par association qui n’ont rien à faire dans cette discussion qui porte sur le sens des propos de Zemmour. J’ai simplement, puisque vous citiez Churchill, rappelé des faits qu’apparemment vous n’aimez pas qu’on rappelle : qu’une guerre demande de l’analyse et de la stratégie, pas des postures, et que le discours de Zemmour rappelle beaucoup plus celui des défaitistes d’avant 1940 que celui d’un de Gaulle de la même époque. Je n’ai pas remarqué que vous ayez répondu à cela.

            Quant au mépris de soi : il est bien évident que je ne visais pas le mépris qu’aurait Zemmour pour sa propre personne, mais le mépris qu’il a pour les Français, qu’il juge avachis — et donc le mépris politique qu’il a pour lui-même en tant que Français appartenant à une démocratie libérale incapable de se défendre.

            Mais bref, en un mot, et je m’en tiendrai là : on peut constater le courage sans le respecter. Heydrich était courageux, prêt à mourir pour ses idées racistes et antisémites, mais je ne vois pas comment on peut avoir du « respect » pour un type pareil.
            Pourquoi pas, tant qu’on y est, du « respect » pour les gardiens des camps d’extermination ? Du « respect » pour le courage des SS, parce qu’ils avaient un idéal ? On croit rêver.

            Quand on n’est pas relativiste, on ne respecte pas ceux qui sont prêts à mourir pour leurs idées, mais ceux qui sont prêts à mourir pour des idées respectables.
            Ne pas faire cette différence — que Zemmour ne fait pas et que vous ne faites pas —, c’est du nihilisme. Il n’y a là aucune extrapolation de ma part, mais une simple question de logique : qu’on le veuille ou non, une telle position implique un nihilisme. On peut bien dire par ailleurs qu’on refuse le nihilisme, qu’on a des valeurs : en ce cas, c’est qu’on se contredit.
            Car, si on respecte un comportement indépendamment du contenu et de la valeur des idéaux qui l’inspirent, c’est qu’on fait comme si le contenu des idéaux ne faisait aucune différence quant à la valeur du courage, comme si tout se valait du point de vue de la valeur du courage.
            Eh bien non. Il n’est pas respectable de tuer, de torturer et de mourir pour des idées ignobles. Ce courage-là ne vaut rien. Le courage du meurtre, de la bestialité, de l’injustice et de la pure violence ne vaut rien. Je ne suis même pas certain qu’il mérite le nom de courage.
            Et nous dire que ce courage-là, le courage qui rend capable de torturer aussi bien que de mourir, est respectable, c’est risquer de suggérer que nous devrions être capables, nous aussi, non seulement de mourir pour nos idéaux, mais de torturer ou de massacrer en masse.
            Si ce n’est pas ce qu’on veut dire, si on refuse cette suggestion, qu’on raye alors ce mot de « respect ». Mais l’insistance à vouloir garder ce mot est bien étrange.

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            Tibor Skardanelli 18 octobre 2016 (13:21)

            C’est vous qui avez mis la seconde Guerre mondiale sur le tapis avec un lien sur un article parlant de saloperies de droite, de ghetto de Varsovie de Junger et Mishima, mais bon passons. Ce que vous semblez ne pas comprendre comme beaucoup de résistants antinazis en carton de votre espèce, c’est que prendre deux phrases dans un texte pour accuser quelqu’un de nihilisme est une extrapolation, quel que soit le raisonnement formel que l’on emploie. C’est une saloperie, comme dit votre copain : ni Zemmour, ni moi puisque vous me mettez dans le même sac, ne pensons que les idées des fanatiques islamistes sont respectables. Zemmour utilise un moyen rhétorique discutable, je trouve que les hurlements de la meute sont insupportables, c’est tout.
            Mais vous avez raison il n’y a plus rien à dire, j’éviterai pour ma part le moindre échange avec vous. Plutôt Zemmour et Junker que les aboyeurs.

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            Jean-Yves Pranchère 19 octobre 2016 (13:17)

            Et donc, comme dans le sketch des Inconnus, vous « partez comme un prince » (les princes, c’est autre chose que les antinazis en carton), très en colère de ne pas avoir d’arguments et ne trouvant rien d’autre à faire qu’aboyer en me traitant d’aboyeur !
            Classique (voir Schopenhauer, L’Art d’avoir toujours raison), mais toujours aussi comique ! Merci à vous, j’ai bien ri !

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    Patrick 9 octobre 2016 (19:06)

    TOTAL RESPECT, cher Tibor pour vos deux commentaires ci-dessus. Entièrement d’accord avec vous.
    Zemmour essaie de nous alerter sur le vrai danger qui nous menace tous. Et comme lui, je dirai qu’il est grotesque de vouloir « déradicaliser » ces gens qui nous font la guerre. Et à la guerre on répond par la guerre, les ennemis, on les met hors d’état de nuire, définitivement.

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    en passant 9 octobre 2016 (19:32)

    Seulement, foi de Céline et de Brasillach, les éditorialistes éditorialisent. Jamais ils ne portent les armes ni sont en première ligne. Quand la guerre totale est déclarée, la guerre qu’ils ont pourtant voulue et appelée de leurs vœux, un simple rhume peut les retenir au lit.

    Puisqu’on en est aux comparaisons historiques fallacieuses, on pourrait tout aussi bien, et avec beaucoup plus de raisons, railler les pseudo-gaullistes (vous n’êtes pas le seul) qui ont pour caractéristique d’écarter de leur modèle supposé tout ce qui pourrait les conduire à sortir de leur confortable passivité.

    De Gaulle aurait déclaré que la France serait « avant tout un un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de prétendre que Peyrefitte a menti. Et même le fait que cette phrase se retrouve dans les Mémoires parues en 1970 ne les fera pas démordre de cette ligne.

    De Gaulle aurait été attaché à la souveraineté nationale, au point d’accueillir un peu plus qu’un quarteron de maurrassiens dans son équipe de Londres, de préférence à Jean Zay explicitement placardisé ? Qu’importe, on prétendra le contraire, et qu’il vaut mieux la fuite en avant vers l’UE qu’une éventuelle alliance électorale avec…qui vous savez.

    De Gaulle aurait fait une description de Mussolini et de Hitler qui ne serait pas toute en scatologie et en mépris ? Qu’importe, on vaut mieux que lui, donc on peut se permettre d’en rester à la scatologie et au mépris.

    Finalement, on se demande ce qu’il peut bien rester de gaulliste chez ces étranges personnages ? Le sentiment injustifié d’être par nature du bon côté, sans rien avoir à faire, peut-être ? Mieux vaut en rire.

    Si de Gaulle vous voyait, et la politique que vous approuvez en la laissant faire, c’est lui qui viendrait vous botter le train, plutôt que vous celui de Zemmour.

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      en passant 9 octobre 2016 (19:34)

      Pas Jean Zay, Pierre Cot…

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    Sitbon 9 octobre 2016 (23:45)

    Déjà Mitterrand ….
    http://discours.vie-publique.fr/notices/957005000.html

    Voilà, M. le Président, mesdames et messieurs ce que je voulais vous dire. Je ne suis pas venu célébrer la victoire dont je me suis réjoui pour mon pays en 1945. Je ne suis pas venu souligner la défaite, parce que j’ai su ce qu’il y avait de fort dans le peuple allemand, ses vertus, son courage, et peu m’importe son uniforme, et même l’idée qui habitait l’esprit de ces soldats qui allaient mourir en si grand nombre. Ils étaient courageux. Ils acceptaient la perte de leur vie. Pour une cause mauvaise, mais leur geste à eux n’avait rien à voir avec cela. Ils aimaient leur patrie. Il faut se rendre compte de cela. L’Europe, nous la faisons, nous aimons nos patries. Restons fidèles à nous-mêmes. Relions le passé et le futur et nous pourrons passer l’esprit en paix le témoin à ceux qui vont nous suivre.

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    Agnes Wickfield 10 octobre 2016 (00:36)

    En passant, merci François pour cet article parfait qui exprime très exactement ce que je pense de Zemmour « Le respect que concède Zemmour au djihadiste ne se fonde aucunement sur sa qualité d’homme, mais uniquement sur son vice et les forfaits qu’il est prêt à commettre ».
    Tout est dit, camusien un jour, camusien toujours.

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    Belem 10 octobre 2016 (10:49)

    Verbiage et casuistique. Où va notre respect est une bonne question. Disséquer l’étymologie pour y répondre est une erreur funeste. Es mejor morir de pie que vivir toda una vida arrodillado.
    Il y a toujours deux modes dans l’action humaine, le fond et la forme. Le respect de l’un comme de l’autre ne sauraient être intrinsèque à la nature humaine, mais se rapporte à ce que cahcun croit. Je ne n’écrirais donc pas « nous » comme vous le faîtes ici, m’enrôlant ainsi dans ce djihad sophistique qui n’est pas le mien.
    Je respecte les Soldats de l’An II et Emiliano Zapato pour le fond de leur engagement. Je respecte les Soldats de l’An II et Emiliano Zapato pour la forme qui a été l’engagement total et le don de leur vie pour les premiers. Ce disant, je ne pousse personne, même pas moi, à suivre leur voie.
    Zemmour comme d’habitude ne sait pas converser, ne maîtrise pas l’immédiat. Il pense seul et polémique en groupe. Quand il parle des djihadistes prêts à mourir pour leurs idées, il ne pense pas aux assassins de France mais aux soldats du moyen-orient. Et quand les deux lui sont en direct présentés en un bloc surréaliste, il relève des points communs et plonge comme d’habitude au milieu de la piscine… de vitriol.
    Zemmour manque d’intelligence de coeur, c’est une évidence et c’est le thème de sa réponse. Mais il ne fait ni l’apologie du terrorisme, ni celle de la violence. Il a eu faux sur la forme, mais qu’apporte de lui opposer les terrasses de café qu’il défend, sinon mettre en danger les terrasses de café. Oui, « mieux est de ris que de larmes écrire pour ce que rire est le propre de l’homme ». Ca a été dit en une demi-ligne et non une soixantaine. Ca a été lu et approuvé (par moi) et ne contredit pas que mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux.
    Il a manqué de cohérence ? Certainement pas plus que ceux défendant les joggeurs de Verdun et le résultat du telle dispute va toujours dans ce même sens.
    Ps : Bonjour Christian. J’ai pensé à toi à Rome et pris une photo. Mais j’ai perdu ton adresse mail. La mienne, dgourvat@free.fr.

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    Courouve 10 octobre 2016 (12:05)

    Autre emploi problématique de  » respecter « , celui de la Constitution, à l’article 1er :  » La France […] respecte toutes les croyances.  » Cela semble une rupture d’égalité entre croyants et incroyants, et donc une méconnaissance des principes de la loi de décembre 1905.

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    BG 10 octobre 2016 (14:08)

    Je n’arrive décidément pas à me faire une idée entre les tenants de ce que qu’écrit F Miclos, et ceux qui en réfutent la thèse… Des deux côtés, l’argumentation se tient. Bélem me semble tenir un point intéressant sur cette « intelligence de coeur » dont Zemmour semble dénué dans les joutes oratoires et interviews, voulant simplifier à tort des arguments complexes, et aussi provoquer car il adore ça…
    En tout cas, quel bonheur que de lire un forum dans lequel les arguments s’échangent courtoisement !

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    Courouve 12 octobre 2016 (16:06)

    J’espère que les mots de Zemmour ont dépassé sa pensée.

    François Ricci :  » Quand un bâton est courbé dans un sens, il faut le courber dans l’autre sens », cette idée que Althusser avait présentée dans sa Soutenance d’Amiens comme caractérisant le marxisme est déjà dans l’expérience cartésienne du doute et de la pensée [Et chez Plutarque, cité par Montaigne, remarque de Cl. C.]. Si, pour forcer les idées à changer, il faut, selon Althusser, leur imposer une contre-force qui annule la première, ne va-t-on pas alors de courbure en contre-courbures et contre-contre-courbures, c’est-à-dire en déviations ?  » Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Nice, Nice 1977, n° 32, pages 117-129.

    Il me semble que Zemmour a là bien contre-tordu le bâton.

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    Tibor Skardanelli 4 novembre 2016 (11:50)

    Allez, un peu de lecture :)

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