Je ne suis pas catholique !

La France va mal. Très mal. Le père Jacques Hamel a été assassiné dans les circonstances ignobles que l’on sait. Mais, lorsque le ministre de l’Intérieur s’adresse à la « communauté catholique » ne sait-il pas qu’il l’injurie en faisant cela ? Non, Monsieur le ministre, je ne suis pas catholique ! Et c’est un catholique qui vous le dit.

Le père Jacques Hamel avait 86 ans. Il ne lui restait plus que quelques années à vivre avant de s’en aller rejoindre la maison du Père. Dans un an, dans trois ans ou dans cinq. Peut-être dans dix, d’ailleurs. Ses funérailles auraient été magnifiques. Les obsèques d’un prêtre ou d’un religieux ne sont jamais empreintes de tristesse. « C’est bien !… Bon et fidèle serviteur : entre dans la joie de ton maître ! »

Quand sœur Fabiola m’a appris le catholicisme

Je me souviens des obsèques de ma grand-tante, à Saint-Jean-de-Bassel, près Saverne. Elle était née le 14 février 1905 à Friedolsheim (Bas-Rhin). Elle avait sombré, en Charente, là où elle enseignait, dans un coma profond. Une fois revenue en Alsace (enfin, en Moselle), elle s’était momentanément réveillée. Elle, la musicienne extraordinaire, l’organiste élève de Messiaen, ancien premier Prix du conservatoire de Bruxelles, pour uniquement chanter les dix-sept strophes du Grosser Gott, wir loben Dich. Elle était sortie du coma, elle avait chanté, elle était morte.

Elle avait aussi, chose assez commune chez un marin moins chez une bonne-sœur, un tatouage sur l’avant-bras droit. J’ai appris que les nazis lui avaient fait. Les singes !

J’avais douze ou treize ans lorsque je l’ai vue, pour la dernière fois, dans son cercueil, au couvent des Sœurs de la Divine Providence. Je la préférais en vie. Elle était très chiante, certes. Mais je la préférais encore vivante. Ce sont des souvenirs d’enfants. C’était un vraie visage de morte, qu’elle présentait. Un visage définitif. On ne s’embarrasse pas de pomponner les bonnes sœurs chez les bonnes sœurs. On a simplement droit à la crudité de la mort. Un bel office. La pleine terre. Et tout cela se fait dans un équilibre subtil de joie et de tristesse.

Moi, j’étais très triste. C’est que je l’aimais bien, n’empêche, la chère-sœur. Et quand j’écris ça, les larmes montent. Nostalgie d’un catholicisme et d’une France que je sens de moins en moins exister. Chaque année que Sœur Fabiola venait chez ma grand-mère, sa frangine, passer les mois entiers de l’été, elle me rapportait des choses incroyables. Et chaque année, je les attendais. Avec une incroyable dévotion. Tout un bric-à-brac fabriqué par l’une ou l’autre des membres de sa Congrégation dans le monde. Des cadeaux qu’elle jugeait inestimables. Ils l’étaient assurément ! Un tableau peint avec les pieds par une bonne-sœur de Madagascar amputée des deux jambes. Une écharpe tricotée par une nonne indienne amputée des deux bras. Et, grand Dieu, voilà où se situe, radicalement, mon catholicisme. Dans des dessins peints avec les pieds par des culs-de-jatte et des écharpes tricotées avec les pieds par une femme qui n’a plus de bras !

Le père Jacques Hamel n’aura pas eu à attendre la fin de son âge : deux « courageuses » brutes l’ont assassiné ce matin alors qu’il célébrait la messe dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Aussitôt connue la nouvelle, les réseaux sociaux se sont parés du hashtag #JeSuisCatholique. Cette manie est d’un ridicule achevé. Sa répétition, au gré des attentats, classe la légitime émotion au rang des troubles obsessionnels compulsifs. Un attentat, un hashtag, on se lave les mains, on se les essuie, on se les relave, on se les essuie à nouveau, on va vérifier si l’on a bien publié le hashtag qu’il faut sur Twitter – une erreur d’attention arrive si souvent ; #JeSuisCharlie ne convient certainement pas pour l’occasion. Le robinet a-t-il bien été coupé ? Vite à l’évier ! et l’on répète l’opération ad libitum.

C’est d’autant plus vrai que ce #JeSuisCatholique ne veut absolument rien dire. Quand le ministre de l’Intérieur et son porte-parole évoquent aujourd’hui un drame qui frappe « la communauté catholique », ils se fourrent le doigt dans l’œil. Nous ne sommes pas au Liban, du moins pas encore : il n’y a pas de « communauté catholique » en France. Sont-ils déjà allés à une messe dominicale ? Ont-ils déjà vu des catholiques prier et communier ensemble dans la même ferveur ? N’y ont-ils pas perçu la diversité des origines culturelles, des extractions sociales et des couleurs de peau ?

C’est que le catholicisme n’est pas historiquement fondé sur une idée culturelle de la « communauté », mais uniquement sur la « fraternité ». Avant que les premiers chrétiens ne découvrent le terme « ekklesia » (assemblée, qui nous donnera le mot « église »), ils s’appelaient eux-mêmes « adelphotès » (fraternité). C’est le cas de l’apôtre Pierre qui n’utilise que le mot « adelphotès » lorsqu’il veut désigner l’Eglise. Jusqu’au Ve siècle, les deux termes seront employés indistinctement, puis ne subsistera qu’un seul terme.

La fraternité contre la communauté

Mais la théologie n’a pas oublié d’où venait l’Eglise : elle est le Corps mystique, mais elle est aussi l’assemblée d’un peuple de frères. Et des frères qui s’unissent dans une même fraternité, non pour des questions d’origine, de classe, de culture, de race, mais parce qu’ils partagent la même foi et la même espérance. C’est là où proprement réside le « génie du christianisme » et c’est là où la France républicaine lui est, aux yeux de l’Histoire, profondément redevable.

Ce soir, je pleure la mort abominable du père Jacques Hamel. Ces brutes l’ont forcé à se mettre à genoux, avant de l’égorger au nom d’Allah, dont il est dit, pourtant, qu’Il est très « miséricordieux »… Tu vois la gueule qu’elle a, Sa sainte miséricorde quand elle s’applique par couteau tranchant sur la gorge d’un vieux prêtre sans défense.

Pour autant, je ne suis pas catholique. Non pas que je refuse de l’être ! J’aimerais bien. Juste un peu. J’ai été baptisé. Je suis croyant et je me reconnais parfaitement dans le Credo. Seulement, je n’ai pas l’impudence de croire que je suis catholique. Pas un « bon catholique », juste un « catholique », c’est-à-dire un homme qui voue sa vie au Sermon sur la montagne(1).

Car c’est une douloureuse tâche que d’essayer de l’être. Et de l’être un peu plus chaque jour. C’était, au fond, la grandiose idée de Bernanos : nous prenons pour une identité ce qui n’est, définitivement, qu’un long et patient travail. Je ne suis pas catholique : j’essaie de l’être. Je ne suis pas un Français : j’essaie de l’être. Je ne suis pas républicain : j’essaie de l’être.

Parce que le monde n’est pas une crèche et que nous ne sommes pas des santons réunis dans une irrémédiable posture. Tout se meut et évolue dans la vie réelle. Les sentiments autant que les allégeances, les identités autant que les raisons. Mais il est une chose que je refuse de tout mon être : les étiquettes. Elles sont faites pour être arrachées, disait le regretté Philippe Muray. Se résoudre aujourd’hui à considérer que le catholicisme n’est plus qu’une identité et que les catholiques ne forment plus qu’une « communauté », cela me révulse au plus haut point.

Être catholique…

Non ! être catholique n’est pas un habitus social. C’est croire que Jésus, le Christ, notre Seigneur, est le fils de Dieu, qu’il a vécu, qu’il est mort sur le bois de la Croix et qu’au troisième jour il est ressuscité d’entre les morts. C’est croire en son message, l’écouter et le lire.

Relisons donc Matthieu (5:44) : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »

Dois-je aimer les assassins du père Hamel ? Oui, nous apprend l’évangéliste Matthieu. Et saint Jérôme renchérit dans le commentaire qu’il fait de ce passage : « Il en est qui mesurent les préceptes de Dieu à leur faiblesse et non pas à la force, qui fait les saints, et qui regardent ces préceptes comme impossibles. Ils disent qu’il suffit, pour pratiquer la vertu, de ne pas avoir de haine pour ses ennemis, mais que de les aimer c’est commander plus que ne peut la nature humaine. Qu’ils sachent donc que notre Seigneur ne commande pas des choses impossibles, mais parfaites. Et n’est-ce pas ce que fit David à l’égard de Saul et d’Absalon ? Le saint martyre Etienne n’a-t-il pas prié pour ceux qui le lapidaient ? Saint Paul n’a-t-il pas voulu être anathème à la place de ses persécuteurs ? N’est-ce pas ce que Jésus enseigne et ce qu’il fit lui-même lorsqu’il dit : « Mon Père, pardonnez-leur ? » »

Si je puis aisément considérer les assassins du père Jacques Hamel comme des ennemis, comment trouver en moi la force suffisante pour ne point les haïr, mais au contraire les aimer ? Cette perfection-là que nous commande le Christ est humainement insoutenable. C’est pourtant elle qui doit régler la vie de tous ceux qui ont choisi de le suivre. Être chrétien n’est franchement pas un métier facile. Mais ce n’est pas une identité. Et cela ne le sera jamais.

Quand ça le deviendra, nous ne serons plus alors que des « sépulcres blanchis » et le Christ devra revenir à nouveau pour nous apprendre ce qu’est un fils de Dieu.

Notes   [ + ]

1.Les lecteurs de Bergson comprendront

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François Miclo est rédacteur en chef de tak.fr

18 Réactions à "Je ne suis pas catholique !"

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    desgarceaux dominique 26 juillet 2016 (22:55)

    non, je ne suis pas catholique car je ne tendrai pas l’autre joue…je ne pardonnerai pas à ces dingues…Il n’y a rien de religieux là dedans, juste des assassins….Mais surtout restons humains, aimons-nous les uns les autres entre gens bien, de toutes les couleurs et qui aiment la France sincèrement et non pour le « pognon »…Les autres…dehors…ce qui sont partis pour la syrie…Bon vent mais restez-y

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    MARTINS 26 juillet 2016 (23:10)

    Merci pour ce magnifique texte qui m’éclaire davantage dans cette obscurité qu’on veut nous imposer.

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      René de Sévérac 1 août 2016 (14:28)

      Je me joins à vous : texte admirable !
      A quoi bon en rajouter.

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    Christophe Sobottka 27 juillet 2016 (07:06)

    Hélas, contrairement à ces belles considérations auxquelles semblent souscrire la plupart des lecteurs de cet article [d’après ce que je vois sur Facebook], le communautarisme catholique n’existe que trop, sous diverses formes qui mêlent à la fois dogmatisme et moralisme, autoritarisme et obscurantisme, rigorisme et lâcheté… et je constate corrélativement un déficit flagrant de réelle fraternité et d’intelligente liberté. J’ai malheureusement expérimenté (mieux dit: subi) plusieurs de ces dérives communautaristes durant des décennies à partir de mon adolescence (je suis né en 1958). Heureusement, je connais pas mal de catholiques qui sont éclairés, ouverts et courageux, mais je connais aussi de nombreuses personnes musulmanes, juives ou protestantes qui le sont tout autant. Mais combien de fois ai-je entendu, dans des communautés monastiques, du type traditionaliste (plus exactement intégriste) ou de type plus « moderne », dans des communautés charismatiques ou autres communautés nouvelles, et même dans différentes paroisses et divers mouvements d’Église, qu’il fallait « faire communauté ». Sachez que je suis profondément, très profondément attristé par l’assassinat du père Jacques Hamel, ainsi que par toutes les discriminations, les meurtres et les violences que subissent les chrétiens de par le monde… horreurs que subissent aussi les athées, les musulmans, les homosexuels etc. Je devrais donc plutôt me taire comme je l’ai fait durant mes 20 ans de vie de moine (1979-2000, sous le nom de frère Boniface-Marie) et bien au-delà. Mais quand je vois des réactions somme toutes bien peu tolérantes et empathiques qui prennent la mouche et pensent que le ministre de l’Intérieur injurie la « communauté catholique » en s’adressant à elle (maladresse peut-être, injure non), je pense que je fais mieux de poster ces lignes plutôt que de ne rien mettre ici. Bien sûr, il s’agit de parer au plus urgent: lutter contre l’islamisme, consoler les affligés, renoncer aux richesses (surtout celles qui ont une source perverse, comme la production et l’exportation des armes), mettre la joie là où il y a la tristesse, visiter les malades, prier pour ses ennemis. Cependant je ne dois pas oublier que je devrais et que tout disciple du Christ devrait s’insurger contre les lavages de cerveau et les manipulations mentales, l’exploitation de la générosité et l’anti-intellectualisme infantilisant, la langue de bois et les replis identitaires, en même temps que du déficit de relations réellement adultes et fraternelles… s’insurger et lutter contre tous ces maux qui ne sont que trop flagrants dans les milieux (pour ne pas dire communautés) catholiques.
    Fraternellement,
    Christophe Sobottka, aumônier catholique au Centre Hospitalier Sainte Catherine de Saverne (eh oui, le qualificatif « catholique » est constitutif de mon emploi à mi-temps et inscrit sur ma blouse blanche de personnel hospitalier).

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      François Miclo 27 juillet 2016 (09:13)

      Mais, cher frère, je sais bien que la FSSPX et de semblables courants de pensée existent : il y a plusieurs demeures dans la maison du Père. Mais je refuse d’adopter cette pensée identitaire et communautaire de la foi. Et je refuse que des ministres de la République nous assignent dans cette logique délétère.

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        aramis 27 juillet 2016 (22:39)

        a part te dire, pauvre con, je ne vois ren d’autre…..Parce que franchement, passer autant de tems a ecrire autant de stupidités…..

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      aramis 27 juillet 2016 (22:40)

      un defroqué qui vient donner des leçons….Les cons, ça ose tout etc etc

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    x 27 juillet 2016 (09:18)

    « La communauté catholique tout entière est atteinte par cet acte abominable ».
    Une « injure » signée André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France

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    Guiz 27 juillet 2016 (09:25)

    C’est sympa mais ça fait rien avancer du tout votre article.

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    Bénédicte Repain 27 juillet 2016 (09:42)

    J’aime beaucoup votre article que j’ai tout de suite partagé mais je me permets de souligner le fait qu’il contient une maladresse dommageable. Vous parlez du porte-parole du ministère de l’intérieur, demandant q’il a déjà mis le nez dans une assemblée dominicale. Nous savons depuis « l’affaire Barbarin » et sa plainte qu’il y a bien mis les pieds et que ça ne lui a pas fait que du bien.
    Pour le reste, merci ! Ces mots font du bien !

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    Gérard Guicheteau 27 juillet 2016 (09:51)

     » Car c’est une douloureuse tâche que d’essayer de l’être. Et de l’être un peu plus chaque jour. C’était, au fond, la grandiose idée de Bernanos : nous prenons pour une identité ce qui n’est, définitivement, qu’un long et patient travail. Je ne suis pas catholique : j’essaie de l’être. Je ne suis pas un Français : j’essaie de l’être. Je ne suis pas républicain : j’essaie de l’être. »
    Et merci…

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    Christophe Sobottka 27 juillet 2016 (10:27)

    Faudra-t-il donc considérer également le titre de cet article qui mentionne la « communauté catholique » voire le message de la Fédération protestante de France qui contient l’expression « communauté chrétienne » comme injurieuses? Certes non. Alors ne prêtons pas systématiquement de mauvaises intentions à ceux qui ne s’expriment pas exactement comme nous le penserions ou le voudrions. « Avec ce geste de barbarie, c’est la communauté chrétienne toute entière qui est touchée au cœur. La FPF invite ses membres et les protestants de France à se tenir aux côtés de leurs frères chrétiens dans la prière et l’accompagnement. » http://www.nicematin.com/faits-divers/le-soutien-de-la-federation-protestante-a-la-communaute-catholique-67349

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    Patrick 27 juillet 2016 (15:16)

    Dans la deuxième épitre de Paul aux Ephésiens, on lit ceci :
    « 1 Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés
    2 dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.
    3 Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres.
    4 Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause du grand amour dont il nous a aimés,
    5 nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés –
    6 il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus,
    7 afin de montrer dans les siècles à venir la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus.
    8 C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
    9 Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.
    10 Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.
    11 Souvenez-vous donc de ceci : autrefois, vous, païens dans la chair, traités d’incirconcis par ceux qui se disent circoncis et qui le sont dans la chair et par la main des hommes,
    12 vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde.
    13 Mais maintenant, en Christ-Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang de Christ.
    14 Car c’est lui notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, en détruisant le mur de séparation, l’inimitié.
    15 Il a dans sa chair annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau en faisant la paix,
    16 et pour les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul corps par sa croix, en faisant mourir par elle l’inimitié.
    17 Il est venu annoncer comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches ;
    18 car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit.
    19 Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage ; mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu.
    20 Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle.
    21 En lui, tout l’édifice bien coordonné s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur.
    22 En lui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu en Esprit.
     »
    En résumé : l’homme est pour Dieu un « enfant de colère » à cause de son péché.
    Pardonné par le Christ, il devient « enfant de Dieu ». Il l’est donc pleinement. Il n’essaie pas de le devenir. Un enfant est fils de ses parents, de fait, il n’a pas à essayer de le devenir. Tout ce que nous devons faire pour être sauvé, c’est croire en Christ. Vivre dans l’obéissance, tendre vers la perfection (sans jamais l’atteindre ici-bas) est une conséquence de notre foi.
    Je peux donc dire que je suis chrétien, je n’ai pas à chercher à le devenir, j’ai donc une nouvelle identité en Christ. C’est un fait. Et tous les chrétiens (qui confessent réellement Jésus, pas les « chrétiens sociologiques ») ont cette identité et à ce titre sont frères et soeurs en Christ, au-delà des frontières, des races, des ethnies, des cultures et des civilisations.

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    Patrick 27 juillet 2016 (15:20)

    « En complément utile, dans la première épitre de Jean, chapitre 3 :
    1 Voyez, quel amour le Père nous a donné, puisque nous sommes appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il ne l’a pas connu.
    2 Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsqu’il sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.
    « 

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    Alain Rioux 27 juillet 2016 (21:20)

    Cessons de nous payer de bons mots: une guerre contre l’Occident, même laïc, est une guerre contre le Christianisme. Car, en dernière analyse, la laïcité n’est, au fond, que du Christianisme ultra-sécularisé, ne conservant de la Foi que la notion de personne, dont elle articule les droits (libertés) et le système politique (République sociale et démocratique). Autrement dit, la laïcité n’est qu’une morale sans dogme, dérivant du Christianisme. En effet, le pivot central du seul Christianisme, c’est la notion de Personne, notion charnière et cruciale en matière trinitaire, christologique, baptismale et eucharistique. De sorte que, s’attaquer à une civilisation, articulée sur la notion de Personne, à la suite, historique et idéologique, de l’Église chrétienne, c’est s’en prendre au Christianisme. Nul, ni le judaïsme, ni le bouddhisme, ni le mahométanisme, ni l’animisme, ni l’hindouisme, ne peut prétendre à cet honneur. Cependant, les élites françaises sont si franc-maçonnes et anti-chrétiennes, voire sataniques, qu’elle défendront tout, SAUF le Christianisme…

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    Christophe Sobottka 28 juillet 2016 (05:18)

    [Je me permets de copier et de coller ici ce que je viens de poster sur Facebook]
    En pensant au père Jacques Hamel, assassiné le 26/07/2016, je suis allé le lendemain 27 juillet sur la tombe d’un autre père Jacques, celui du célèbre film aux réminiscences autobiographiques de Louis Malle « Au revoir les enfants » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_revoir_les_enfants). Le frère Jacques de Jésus, directeur de collège, a été arrêté en 1944 pour y avoir caché des enfants juifs et est mort en 1945 des suites de sa déportation. Sa tombe est dans le couvent des Carmes d’Avon, à quelques minutes à pied du nouveau domicile de ma maman.
    [Les photos que j’ai prises hier avec mon smartphone sont sur https://www.facebook.com/christophe.sobottka/media_set?set=a.10209882826376762.1073741860.1516599122&type=3 Bonne journée!]

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    Frédéric Crouslé 29 juillet 2016 (14:44)

    En rejetant la notion de communauté pour caractériser l’Église, je crains fort que vous ne jetiez le bébé avec l’eau du bain. Certes, la presse emploie le terme de communauté à tort et à travers, n’hésitant pas à appeler « communautés » des collections d’individus n’ayant aucun caractère organique, comme les pseudo-communautés noire, maghrébine ou homosexuelle… Or, pour qu’il y ait communauté, il faudrait qu’il y ait plus qu’une collection d’individus réunis par telle ou telle ressemblance mais une organisation sociale proposant une oeuvre commune à réaliser et exigeant que chacun de ses membres subordonne ses intérêts particuliers à ce bien commun. C’est en ce sens qu’on peut dire que l’Eglise est une communauté et non un simple regroupement d’individus unis par des intérêts demeurant essentiellement individuels (ce que suggère la notion de fraternité). Quoi qu’il en soit de ces considérations sociologiques, je vous invite à relever que le catéchisme de l’Eglise catholique emploie bien le terme de communauté pour exprimer l’essence de l’Eglise : « Dans le langage chrétien, le mot « Eglise » désigne l’assemblée liturgique mais aussi la communauté locale ou toute la communauté universelle des croyants. » CEC § 752. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant puisque le terme grec koinônia que l’on traduit habituellement par « communion » peut également se traduire par « communauté »…

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    Libéro 15 août 2016 (18:15)

    Je suis athée. Je crois que Dieu n’existe pas. Je ne “ sais ” pas si c’est vraiment vrai. Je ne “ connais “ pas la réponse définitive à la question de la vérité ultime des choses. Je vis simplement dans l’évidence de l’inexistence de tout Autre-monde donnant son sens à celui d’où je vous écris. L’athéisme n’est pas un idéal de vie. En tant que croyance, le catholicisme non plus. Il y faut l’ajout d’une morale. Les valeurs ne sont-elles pas simplement ces principes qui règlent la très humaine nécessité d’alimenter agréablement notre sentiment d’exister sans préjudice à autrui ? Je ne ressens pas le besoin de fonder mes devoirs – le respect d’autrui – sur le granit d’une transcendance extra-mondaine. Et je n’ai jamais eu le désir saugrenu de rechercher une communauté athée. En ce sens : “ Je ne suis pas athée ! ” Vous avez raison, François Miclo, les Français vont mal. Très mal. L’individualisme devenu fou du petit bourgeois a fini par dissoudre la France qui était notre “ bien commun ”. Mais que serait finalement : “ retrouver la foi en notre pays ? ” En ce jour de l’Assomption, je prie la Vierge Marie que mon coming out athée ne me coûte, sur ce saint site, des commentaires surgis de l’enfer !

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