Jeanne d’Arc : le mystère de l’anneau

L’anneau de Jeanne d’Arc acheté par le Puy du Fou à Londres ne peut, en aucun cas, être celui que l’évêque Pierre Cauchon lui avait confisqué lors de son procès.

Philippe de Villiers est en joie : le Puy du Fou vient de reprendre « l’anneau de Jeanne d’Arc » aux Anglais. Il a été acheté le 26 février lors d’une vente aux enchères organisée par Timeline Auctions pour la coquette somme de 380.000 euros. Le Puy du Fou ne se prive pas de communiquer sur le retour en France de ce « trésor du patrimoine national » : « Daté et authentifié par les experts, cet anneau fut offert à la jeune Jeanne par ses parents. Elle le porta toute sa vie, s’en remettant à son aura avant chaque bataille et chaque épreuve. Il fut un élément central de son procès lors duquel il lui fut symboliquement confisqué par les Anglais. Cet anneau vieux de 600 ans avait été retiré du doigt de Jeanne par l’évêque Cauchon, qui présidait son procès, puis donné au Cardinal anglais Henri Beaufort qui supervisait toutes les séances du procès jusqu’à l’exécution sur le bûcher de Rouen de Jeanne d’Arc en 1431. » Le Puy du Fou poursuit : « Le dialogue du 1er mars 1431 entre Jeanne et l’évêque Cauchon est resté célèbre et prend aujourd’hui un éclairage tout particulier. En effet, d’un cri déchirant, elle supplie l’évêque qui lui a pris son anneau : « Rendez-le moi ! ». L’évêque refuse et en fait ostensiblement cadeau à son mentor, le cardinal de Winchester. Ainsi l’anneau traverse-t-il la Manche comme une prise de guerre symbolique. » Une « prise de guerre symbolique », dont aucune chronique de l’époque ne fait étrangement mention : les Rosbifs n’étaient donc vraiment pas fortiches en « guerre symbolique » à l’époque…

C’est une belle histoire, si belle que la presse l’a aussitôt reprise en chœur sans rien vérifier du tout – à la notable exception de la rédaction de France Info qui a pris soin d’aller questionner Olivier Bouzy, médiéviste et grand spécialiste de Jeanne d’Arc.

L’anneau qui a été acheté à Londres est-il réellement celui que l’évêque Cauchon avait volé à la Pucelle lors de son procès ? Nous avons la chance de disposer de l’intégralité du dossier d’instruction du procès Jeanne d’Arc. Conservé à la Bibliothèque nationale de France, ce document a près de six cents ans. On en doit son édition, en 1849, à l’historien Jules Quicherat – édition largement disponible en ligne et ainsi consultable par tout journaliste qui croit que le métier consiste en tout autre chose que de simplement recopier un communiqué de presse. Plongeons-nous donc dans les minutes de ce procès.

Le procès de Jeanne d’Arc

Le jeudi 1er mars 1431 s’ouvre au château de Rouen la douzième séance du procès de Jeanne d’Arc. C’est le cinquième interrogatoire public auquel est soumise la Pucelle. Cinquante-huit assesseurs entourent l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, dans la salle du Parement.

Le procès a commencé le 9 janvier. Comme le frère Jean Lemaître, vicaire de l’inquisiteur du Royaume, s’est récusé pour des raisons strictement administratives(1), l’évêque Cauchon a chargé Jean Beaupère, un théologien, de conduire l’interrogatoire aux côtés de six autres docteurs de la Sorbonne.

Les questions des juges sont déroutantes. Ils multiplient les coq-à-l’âne. Tous les moyens sont bons pour désarçonner la jeune fille et la faire passer aux aveux. Ce jour-là, ils viennent à peine de la questionner sur une lettre qu’elle aurait adressée au comte d’Armagnac qu’ils passent sans transition à ses visions. Ils lui demandent des détails sur sainte Marguerite et sainte Catherine : leurs vêtements, leur chevelure, leur façon de parler. Puis, comme dans un mauvais interrogatoire de série B, ils en viennent à causer joaillerie.

« – Vos saintes ont-elles des anneaux à leurs oreilles ?
– Je n’en sais rien.
– Avez-vous, vous-même, des anneaux ?
(Jeanne s’adressant à Cauchon) : Vous, évêque, vous en avez un à moi. Rendez-le moi !
– N’avez-vous pas d’autre anneau ?
– Les Bourguignons m’en ont un autre. Mais vous, évêque, montrez moi le susdit anneau, si vous l’avez !
– Qui vous a donné l’anneau qu’ont les Bourguignons ?
– Mon père ou ma mère.
– Y avait-il aucun nom dessus ?
– Il me semble que les noms « Jhesus Maria » y étaient inscrits. Je ne sais qui les y fit écrire. Je crois qu’il n’y avait pas de pierre à cet anneau qui me fut donné à Domrémy.
– Qui vous a donné l’autre anneau ?
– Mon frère me l’a donné. Vous l’avez présentement. Je vous charge, évêque, de le donner à l’Eglise.
– Avez-vous guéri personne avec l’un ou l’autre de vos anneaux ?
– Jamais je n’ai fait de guérison avec aucun de mes anneaux. »

Deux jours plus tard, le 3 mars, on remet la question sur le tapis et on demande à Jeanne si, dans les villes qu’elle traversait, les « bonnes femmes ne touchaient pas leurs anneaux à celui qu’elle portait. Elle répond : « Maintes femmes ont touché à mes mains et à mes anneaux. Mais je ne sais ni leur courage ni leur intention. »

Le 17 mars, on revient à ses bagues lors d’un interrogatoire secret : « Interrogée sur l’un de ses anneaux où il était écrit « Jhesus Maria » et de quelle matière il était. Elle répond qu’elle ne le sait pas et que, s’il est d’or, il n’est pas d’or fin. Elle ne sait pas si c’était de l’or ou du laiton. Elle pense qu’il y avait trois croix et aucun autre signe qu’elle sache, excepté « Jhesus Maria ». Pourquoi regardait-elle volontiers cet anneau quand elle allait faire la guerre, elle répond que c’était par plaisance et pour honorer son père et sa mère ; et elle avait son anneau à la main et à son doigt quand elle a touché sainte Catherine qui lui est apparue. »

Un anneau peut en cacher un autre

Qu’apprenons-nous dans les minutes du procès de Jeanne d’Arc ? Une chose d’abord : le Puy du Fou exagère vraiment quand il écrit que l’anneau de la Pucelle fut un « élément central » de son procès. C’est totalement faux : la procédure a duré près de cinq mois (de janvier à mai 1431). Les interrogatoires publics ont succédé aux interrogatoires secrets. Des témoins ont été auditionnés, de nombreuses dépositions ont été recueillies. Pourtant, la bague de Jeanne n’est l’objet que de trois petites questions : c’est un peu faible pour en faire un « élément central » d’une longue procédure judiciaire.

D’autre part, le Puy du Fou divague franchement quand, dans son communiqué, il décrit la scène où, le 1er mars 1431, Pierre Cauchon remet « ostensiblement » la bague à son « mentor, le cardinal de Winchester ». Henry de Beaufort ne sera présent au procès de la Pucelle que deux mois plus tard… On peut dire ce qu’on veut de l’évêque de Beauvais, que c’était un traître ou qu’il était vendu à l’Angleterre, il n’était pas givré au point d’offrir « ostensiblement » un cadeau à un parfait absent.

Last but not least, comme disent les Anglois qu’on boute hors de France, Jeanne n’a pas un seul anneau. Elle dit en avoir deux(2). Le premier, les Bourguignons le lui ont volé. Il n’est déjà plus en sa possession quand s’ouvre son procès. Comment se présente-t-il ? Laissons Jeanne nous le décrire. C’est un cadeau de ses parents, Isabelle de Vouthon et Jacques d’Arc. Il est fait d’un métal jaune. C’est du mauvais or ou du laiton – vraisemblablement du billon, un alliage d’argent et de cuivre largement utilisé à l’époque). Il porte l’inscription « Jhesus Maria » ainsi que « trois croix ». C’est ici la description exacte de l’anneau acheté par le Puy du Fou à Londres.

Quant à l’autre anneau, celui que Pierre Cauchon a confisqué à Jeanne, c’est un cadeau d’un de ses frères. Une pierre est sertie sur cette bague – c’est une hypothèse, nous la déduisons de ce que dit Jeanne de l’autre anneau : « Je crois qu’il n’y avait pas de pierre à cet anneau qui me fut donné à Domrémy… »

Les minutes du procès de 1431 nous indiquent donc que l’anneau acheté par le Puy du Fou à Londres n’est pas celui que l’évêque Cauchon lui a subtilisé à Rouen… C’est ici que le doute s’installe.

L’anneau de Jeanne d’Arc : une origine incertaine

Nos préventions augmentent lorsqu’on lit la notice de la vente rédigée par la maison Timeline Auctions, qui nous indique la provenance de l’anneau : « Property of an Essex gentleman ; inherited 1979 from Dr James Hasson of Harley Street, London ; acquired Sotheby’s sale, 1 April 1947, lot 37 ; formerly in a private collection (1929-1947) ; previously with the F. A. Harman Oates collection (sold Sotheby’s, 20 February 1929, lot 21) ; earlier with Augustus John before 1914, the gift to him of Lady Ottoline Morrell ; by descent, through the Cavendish-Bentinck family (Duke of Portland) from cardinal Henry Beaufort (1375-1447), who was present at the trial and execution of Joan of Arc in 1431 ; the ring stated by Joan at her trial to have been a gift from her parents. Supplied with a positive X-Ray Fluorescence metal analysis certificate. »

Ce texte présente les apparences les plus sérieuses, mais aussi les erreurs les plus manifestes.

Timeline Auctions nous dit que la bague mise en vente le 26 février est un cadeau de ses parents à Jeanne. Si c’est le cas, cette bague n’a pas pu être remise au cardinal de Beaufort par Cauchon en 1431, puisqu’elle était en possession des Bourguignons. La généalogie des différents propriétaires de l’objet est rompue dès l’origine.

D’autre part, la maison londonienne indique que le premier propriétaire de la bague fut le cardinal Henry de Beaufort, « qui était présent au procès et à l’exécution de Jeanne d’Arc en 1431 ». Elle poursuit : « La bague a été déclarée par Jeanne à son procès être un cadeau de ses parents. » Sauf qu’ici il est question d’une autre bague que celle vendue aux enchères, la bague vraisemblablement sertie d’une pierre, celle que Cauchon avait en sa possession lors du procès et qu’il a pu offrir au cardinal d’Angleterre.

D’ailleurs, Henry de Beaufort n’a pas assisté au procès de Jeanne. Il n’est présent à Rouen qu’à partir du 24 mai 1431, pour assister à la mise en scène macabre au cimetière de Saint-Ouen, où l’on fait monter Jeanne sur un bûcher pour la forcer à abjurer. Le cardinal d’Angleterre restera à Rouen jusqu’au 30 mai, jour de l’exécution de la Pucelle sur la place du Vieux-Marché.

Comment aurait-il pu accepter, durant cette terrible semaine, de se voir offrir un anneau qui n’était pas, à ce moment-là, en possession de Pierre Cauchon, mais des Bourguignons ?… Peut-être l’évêque de Beauvais a-t-il offert au cardinal d’Angleterre une bague, mais ce ne peut, en aucune manière, être celle qui a été vendue le 26 février à Londres.

Il faut ici se faire l’avocat du diable. Certes, le texte de Timeline Auctions est truffé d’erreurs assez grossières. L’évêque Cauchon n’a, en effet, pas pu offrir à Henry de Beaufort une bague qu’il ne possédait pas. Mais rien n’empêche que des Bourguignons, qui avaient la bague en question en leur possession, aient très bien pu le faire par la suite…

L’anneau de Jeanne d’Arc, fruit d’une forgerie ?

Seulement, il est un principe de rationalité qui l’emporte sur tous les autres : « Pluralitas non est ponenda sine necessitate ». C’est le rasoir d’Ockham. L’explication la plus simple est toujours la meilleure.

Nous ne possédons, en réalité, aucune description détaillée de la bague confisquée à Jeanne par l’évêque Cauchon. Si jamais ce dernier a offert un anneau au cardinal d’Angleterre à la fin du mois de mai 1431, nous ne savons absolument pas à quoi cet objet ressemble. Or, la bague vendue à Londres par Timeline Auctions en février est si conforme à la description de la bague subtilisée par les Bourguignons à Jeanne d’Arc que l’hypothèse d’une pure forgerie ne peut être ici définitivement exclue.

On comprend donc les réticences des médiévistes et des spécialistes de Jeanne d’Arc à se prononcer sur l’authenticité de l’anneau acheté aux enchères par le Puy du Fou.

Notes   [ + ]

1.Son ressort se limite au diocèse de Rouen ; or, c’est sous la juridiction de l’évêque de Beauvais que le procès se déroule.
2.Dans les minutes françaises du procès de 1431, chaque fois qu’un juge l’interroge sur son « anel », la Pucelle répond invariablement sur ses « agneaux ». Elle en a plusieurs : deux, peut-être davantage. Mais ses réponses laissent apparaître la jeune fille qu’elle était : fière, comme toute jeune fille de bonne famille au XVe siècle, d’avoir plusieurs bagues à ses doigts.

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François Miclo est rédacteur en chef de tak.fr

44 Réactions à "Jeanne d'Arc : le mystère de l'anneau"

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    Charles 5 mars 2016 (15:27)

    Une petite erreur : vous écrivez « Quant à l’autre anneau, celui que Pierre Cauchon a confisqué à Jeanne, c’est un cadeau de ses parents, Isabelle de Vouthon et Jacques d’Arc. ». C’est l’inverse : Jeanne déclare que l’anneau des Bourguignons lui a été donné par ses parents, et l’autre, celui volé par Cauchon, offert par son frère. Du moins si je lis bien les extraits du procès que vous reproduisez.

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      François Miclo 5 mars 2016 (16:17)

      Merci de votre sagacité : vous avez parfaitement raison. J’ai rectifié !

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        Charles 5 mars 2016 (18:01)

        Du coup, la partie du texte que je reproduis ci-dessous a également besoin d’être rectifiée, d’autant qu’elle n’est pas cohérente avec la suite sur laquelle nous sommes parfaitement d’accord :

        « Timeline Auctions nous dit que la bague mise en vente le 26 février est un cadeau de ses parents à Jeanne. C’est faux : cela ne correspond en rien à la description donnée dans les minutes du procès.

        D’autre part, la maison londonienne indique que le premier propriétaire de la bague fut le cardinal Henry de Beaufort, « qui était présent au procès et à l’exécution de Jeanne d’Arc en 1431 ». Elle poursuit : « La bague a été déclarée par Jeanne à son procès être un cadeau de ses parents. » Sauf qu’ici il est question d’une autre bague que celle vendue aux enchères, la bague vraisemblablement sertie d’une pierre, celle que Cauchon avait en sa possession lors du procès et qu’il a pu offrir au cardinal d’Angleterre. »

        (La bague vendue à Londres, si elle était authentique, serait bien celle que Jeanne a reçue de ses parents.)

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          François Miclo 5 mars 2016 (19:30)

          J’ai précisé les choses, de manière à ce qu’aucune confusion ne soit possible…

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    Charles 5 mars 2016 (15:33)

    Il en résulte que l’anneau du Puy du Fou est compatible avec la description de l’anneau donné à Jeanne par ses parents, et pris par les Bourguignons. En revanche, il ne peut pas être celui que Cauchon avait saisi et aurait offert à Beaufort. En revanche on ne comprend pas bien comment l’anneau des Bourguignons aurait pu passer à Beaufort…

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      François Miclo 5 mars 2016 (16:18)

      Vous résumez parfaitement mes « conclusions »…

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    Patrick 5 mars 2016 (17:51)

    Si j’ai bien compris, le Puy du Fou s’est fait rouler dans la farine et s’est délesté à tort de 380.000 euros !
    Question : le Puy du Fou est-il subventionné par l’Etat ? Si oui, les dindons de la farce, ce sont les contribuables.

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      Gindre 6 mars 2016 (21:37)

      Le Puy du fou n’est absolument pas subventionné par l’état ; vous allez faire prendre une crise d’apoplexie à P de V pour qui se faire rouler dans la farine pour Jeanne d’Arc n’est pas bien grave mais se faire accuser d’être subventionné par l’état alors qu’il ‘a jamais touché un sou d’argent public est la pire insulte que vous puissiez lui faire.

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    Lamy 7 mars 2016 (12:41)

    Cet empressement à dénoncer une « forgerie » dans un événement qui réjouit le cœur des patriotes en des temps où les manipulations de cette espèce favorables à la pensée dominante sont si proliférantes, massives, omniprésente au point qu’elle constituent quasiment la totalité du catéchisme des bien-pensants, est plus que suspecte et en tout cas malvenue. Gardez vos doutes pour vous et laissez nous croire que quelque chose qui ressemble à un signe d’espérance peut encore arriver dans ce pays.

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      François Miclo 7 mars 2016 (13:39)

      Libre à vous de confondre une breloque avec un signe d’espérance !

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        Placide Doubai 8 mars 2016 (08:31)

        Cher ami vous allez bien vite en besogne. Point n’est rationnel de conclure à la breloque si prestement. Vos propositions et hypothèse sont intéressantes, mais ne cédez pas à la facilité en tirant des conclusions hâtives. Tout au plus avez vous ouvert un débat ou au moins un appel à des études plus poussées sur l’objet.

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          François Miclo 8 mars 2016 (11:31)

          Je ne tire aucune conclusion. Une breloque reste simplement une breloque…

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            Takashi 8 mars 2016 (11:57)

            Trois commentaires plus haut: « Vous résumez parfaitement mes « conclusions »… »
            Ca c’etait pour etre mesquin.

            Sinon sur le fond, si cet anneau a reellement ete en possession de Jeanne d’Arc, alors c’est tout sauf une simple breloque. C’est une breloque qui a appartenu a une des femmes les plus marquantes de l’histoire de France. Qu’on aime ou qu’on aime pas, qu’on admire ou non, la simplicite de le reconnaitre evite la mauvaise foi.

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    brethmas 8 mars 2016 (10:29)

    « Forgerie » en français ne s’applique qu’au faux en écriture et à rien d’autre…
    Pour un anneau, on dirait un faux ou une imitation.

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      François Miclo 8 mars 2016 (11:28)

      Oui, merci. Mais ici la forgerie concerne bien la provenance de la bague (le fait qu’elle soit entrée en possession de Beaufort), pas la bague elle-même…

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    Scaramouche 8 mars 2016 (23:13)

    C’est confus. Vous vous voulez précis, un rien donneur de leçon, vous vous contredisez, vous corrigez, vous remerciez le lecteur pour sa sagacité (heureusement que vous avez des lecteurs pour relire à votre place, c’est pro votre façon de faire …) vous tirez des conclusions sur des hypothèses, conclusions qui peuvent donc être erronées mais vous les assénez comme des Vérités. Vous êtes condescendant comme il faut.
    Humble internaute n’ayant nul part à l’affaire, il me semble que vous n’aimez pas Ph de Villier et/ou le Puy du Fou.
    Vous réglez un compte (conclusion basée sur des hypothèses).

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      François Miclo 9 mars 2016 (02:20)

      Oui, quand je me trompe, je le reconnais et je corrige…
      Je ne tire pas de conclusions sur des hypothèses : je confronte simplement la présentation de l’anneau faite par le Puy du Fou ainsi que les éléments rendus publics par Timeline Auctions avec les sources historiques à disposition…

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    Gérard d'Alboy 9 mars 2016 (07:24)

    Ce qui me gène un peu, c’est la manière qu’a l’auteur de solliciter les textes. Par exemple, pourquoi écrire  » la bague vraisemblablement sertie d’une pierre » alors que Jeanne dit simplement « je crois qu’il n’y avait de pierre à cet anneau donné à Domrémy ». Tout est un peu ainsi ! Il ne faut pas faire dire aux documents ce qu’ils ne disent pas. Ce n’est pas un comportement d’historien. Et surtout, se replacer dans le contexte du procès qui durait depuis déjà deux mois lorsque la question de la bague a été posée. Jeanne d’Arc répond généralement en ponctuant ses propos de « à ce que je crois »….. Les descriptions sont donc nécessairement approximatives.

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    Misty 9 mars 2016 (09:26)

    Le visionnage de plusieurs photos (sur le site du Parisien) indique la supercherie : il n’y a pas écrit « Jhesus Maria » en entier mais des abréviations. Les losanges fleuris des côtés sont très usés alors que la gravure des lettres semble récente. A mon avis c’est un anneau ancien (plutôt de l’époque Renaissance au regard des losanges) où les lettres ont été gravées beaucoup plus tard. Les losanges sont fins, joliment ciselés alors que les lettres sont grossières avec des espacements inélégants.

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    GG 15 mars 2016 (00:09)

    Merci pour cet article passionnant, qui tranche avec votre style habituel mais n’en est pas moins un régal !

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    Webmestre 23 mars 2016 (20:47)

    Il est à noter que Roger Senzig, auteur d’un ouvrage sur Jeanne la Pucelle, y publie une description de cette bague, accompagnée d’une photo prise en juillet 95.

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    Lisa 30 mars 2016 (14:44)

    Cher Patrick, ça m’étonnerait que le Puy du Fou soit subventionné par l’Etat, ce nid de réacs subventionné par le camp du Bien ?

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    Lisa 30 mars 2016 (14:45)

    En tout cas les anglais veulent récupérer l’anneau, c’est signe que c’est l’un ou l’autre anneau, un des vrais non ?

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    Ducote 6 avril 2016 (21:47)

    Site fort intéressant : enfin un débat intelligent sur la provenance de l’anneau Villiers. Ayant de mon côté fait mes recherches permettez-moi de vous faire part des résultats.

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    Ducote 6 avril 2016 (22:45)

    Tout d’abord je voudrais réagir à la réflexion de Lisa sur la volonté des Anglais de récupérer l’anneau qui serait la preuve de son authenticité.
    Ce genre de raisonnement a été utilisé par Villiers dans son show.
    L’ennui c’est qu’il ne correspond pas aux faits. Les « Anglais » ne veulent pas « récupérer » l’anneau de « Jeanne d’Arc », ce qu’ils veulent c’est simplement que la loi britannique soit respectées sur leur territoire.
    Aucun journal français, ni aucun site français n’a à ma connaissance évoqué le problème correctement. Tous reprennent le raisonnement vicié de Villiers en ironisant éventuellement sur le match France-England, prolongation de la guerre de 100 ans. Il en est de même de la presse britannique.
    Un seul journal a traité vraiment le problème c’est The Art Newspaper (http://theartnewspaper.com/). Ils lui ont consacré deux articles, le premier daté du 16 mars, soit 4 jours avant le « show » du 20. Autrement dit les révélations de Villiers le 20 n’étaient pas un scoop. On savait depuis plusieurs jours que le gouvernement britannique demandait le retour de l’anneau.
    Pour comprendre de quoi il retourne il suffit de connaître la législation britannique en matière d’objet d’art.
    Les explications se trouvent ici:
    http://www.artscouncil.org.uk/search/export%20licence?f,
    sur le site du Art Council of England. Pn peut consulter la guideline.
    La règle est très simple : TOUT objet d’art présent sur le territoire britannique depuis 50 ans et dont la valeur dépasse une certaine somme (pour les bijoux, 50.000 euros) ne peut quitter le territoire britannique qu’avec une autorisation d’exportation.
    C’est l’Art Council et le Reviewing committee qui gère le mécanisme. La procédure est simple : on dépose une demande. Si l’objet ne présente pas un intérêt majeur ou bien historique ou bien esthétique, ou bien pour l’érudition, alors la licence est accordée. Si le Reviewing committee estime que l’objet présente un intérêt majeur alors on lance un appel d’offre pour trouver un acquéreur prêt à payer le juste prix et qui s’engagera à garder l’objet sur le territoire britannique. Si on n’en trouve pas, l’autorisation d’exporter est accordée. Si on en trouve, le propriétaire est libre ou non de vendre mais l’objet ne peut pas quitter le territoire. Cette

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    Ducote 6 avril 2016 (23:09)

    Je continue :
    Cette procédure de l’appel d’offre est destinée à protéger l’intérêt pécuniaire du propriétaire, car le maintien sur le territoire britannique peut entraîner une déperdition de la valeur de l’objet.
    Au total il faut savoir qu’environ 55.000 objets sont exportés tous les ans et qu’une cinquantaine environ sont bloqués (en ce moment un dessin de Véronèse et une statue égyptienne). Le détail de l’activité figure dans un rapport annuel remis au Parlement et qu’on trouve sur le site.

    Ce qu’a fait Villiers, c’est d’exporter illégalement un objet d’art en ne demandant pas une autorisation d’exportation alors qu’il y était tenu (bijou présent sur le sol britannique depuis plus de 50 ans (depuis 1917 de façon sûre, depuis 1431 d’après Villiers) et valant plus de 50.000 euro (puisqu’un c. pardon un grand patriote vient de le payer ce prix-là). Ce que lui a demandé le Art Council, d’après The Art Newspaper c’est de se mettre en règle en ramenant l’objet sur le territoire et en demandant son autorisation, c’est tout. Cela ne permet pas de prétendre que le gouvernement britannique croit en l’authenticité de l’anneau comme l’a affirmé Villiers.

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    Quesnel 1 mai 2016 (16:29)

    Très intéressant merci ! Je crois qu’il y a cependant 2 éléments qui manquent : le premier : les parents : cela inclus les freres, collateraux etc… Et non seulement pere et mere, c’est la base du droit de la famille. D’autre part, les archives de la BNF sont une chose, mais il existe aussi des archives anglaises…auxquelles il eut été bon de se référer aussi. Isn’t it ?

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    Ducote 5 mai 2016 (20:42)

    Bravo pour votre article
    Il faudrait aussi rajouter qu’il n’y a aucune preuve que l’anneau ait été la propriété de Beaufort, des Cavendish et des Bentinck. Il n’y a aucun document référencé, aucun ouvrage cité qui fasse état de la présence de cet anneau chez ce personnage ou ces deux familles.
    On utilise l’ascendance d’Ottoline Morrell, qui descend réellement des Bentinck et des Cavendish, pour faire croire que l’anneau est passé par là. Mais depuis quand une filiation prouve-t-elle une possession?

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      webmestre 17 mai 2016 (13:00)

      Nous avons retrouvé une petite brochure publiée en 1913 intitulée « Un anneau du XVe Siècle dit Anneau de Jeanne d’Arc ».
      Cet ouvrage décrit parfaitement l’objet en question, et l’auteur explique qu’il agit d’une des reproductions en argent doré d’un modèle trouvé en Ecosse en 1875, dans les ruines de l’abbaye de Pluscarden.

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    séquoia 15 mai 2016 (23:04)

    j’ai vérifié par des moyen que vous ne pouvez connaitre, elle est authentique ce qui est important et la question sur la possible guérison attribué aux bagues, car quelqu’un de tout aussi illustre en a porté une des deux

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    webmestre 17 mai 2016 (12:53)

    Nous recherchons une information. Le Puy du Fou a remporté l’enchère, certes… Mais connait-on l’identité de l’enchérisseur moins disant dans cette vente? Merci de vos informations.

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    Ducote 22 mai 2016 (03:12)

    Pour le webmestre une réponse et une question
    la réponse : oui on connait l’autre enchérisseur. Il s’agit de la maison Berganza. Ceci est affirmé par Villiers dans sa réponse au Point ainsi que par the Economist dans l’article qu’ils ont écrit au moment de l’achat
    La question: pouvez-vous donner les référence bibliographique exacte de votre brochure ?

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    Ducote 22 mai 2016 (03:18)

    J’ai pris enfin connaissance de la notice remise par les Villiers aux journalistes.
    On y trouve une « généalogie de l’anneau » (sic, comme si un anneau avait une généalogie). En fait il s’agit d’une généalogie destinée à nous expliquer comment Ottoline Morrell avait eu l’anneau. à chaque génération on nous dit que telle personne avait l’anneau. Mais à aucun moment n’est apporté le moindre élément de preuve. C’est complétement pipeau.
    On peut trouver ce monument là: https://we.tl/vPL2mO4Nid

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    webmestre 24 mai 2016 (11:46)

    Pour DUCOTE, voici la référence de la brochure en question:
    Sur un anneau du XVe siècle dit « Anneau de Jeanne d’Arc. »de Boucher, Dr. Éditeur : Rouen, Impr. de Cagniard, 1910. On doit en trouver le texte sur internet.
    Il est à noter également que Roger Senzig dans son ouvrage « La survie de Jehanne la Pucelle, Tome II, les coïncidences » Pp 200-201″ évoque l’anneau détenu par la veuve Hasson (http://jeannedomremy.fr/S_Questions/anneau.htm)
    Merci de l’info sur l’enchérisseur moins disant… Permettez-nous toutefois de douter des assertions de Mr de Villiers… Il aurait été prévenu fort tard de la mise aux enchères de cette pièce! Alors que nous avions été informé par un de nos correspondants anglais dès l’annonce de la vente…

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    Ducote 25 mai 2016 (01:14)

    Merci pour la référence. En ce qui concerne les assertions des Villiers, il y a longtemps que je sais à quoi m’en tenir.
    De toute façon, le problème principal de leur anneau est celui de la traçabilité.
    Vous avez à juste titre souligné le problème des deux anneaux (l’anneau « Rouen » et l’anneau « bourguignon »), mais le problème fondamental est que l’on n’a aucun document permettant de savoir ce que l’un ou l’autre sont devenus. Ce qui est le plus vraisemblable (mais non attesté), c’est que l’anneau « bourguignon » a fait partie du butin (avec l’épée, l’armure, le casque, etc.) des hommes d’armes qui l’ont capturée, qu’ils se le sont partagé et qu’évidemment on en a perdu toute trace. Quant à l’anneau « Rouen », ce qui est fort possible, c’est qu’on l’a mis sur le bûcher avec le reste, et que tout est parti dans la seine avec les cendres (Villiers n’a plus qu’à s’acheter un scaphandre).
    Pour l’anneau Villiers, on connaît de façon sûre les quatre propriétaires précédents (Robert Hasson, James Hasson, collection particulière, Frederick Oates), de façon probables les deux qui précédaient (Augustus John et Ottoline Morrell) et avant, on n’a rien. Ce que Timeline et les Villiers fournissent, c’est un arbre généalogique permettant de rattacher Ottoline via les familles Bentinck et Cavendish au cardinal Beaufort, mais il n’y a pas le moindre document qui permette d’attester qu’aucune de ces personnes était propriétaire de l’anneau.
    Il est donc inadmissible de prétendre actuellement que l’on a là un anneau ayant appartenu à Jeanne d’Arc.

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    Pierre Jolibert 1 juin 2016 (14:45)

    Merci à Ducote et au site Les Secrets de Jeanne pour leurs apports détaillés.
    Détail secondaire et sur un tout autre angle d’approche : la vraisemblance psychologique du scénario d’un anneau authentique transmis à et par ce Beaufort. Dans quelle mesure un tel objet était-il désirable pour un Anglais du moment ? (c’est une question vraie et sincère, je n’en ai aucune idée)

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    webmestre 2 juin 2016 (21:08)

    Un de nos intervenants évoque une autre origine pour cet « anneau »…
    http://jeannedomremy.fr/S_Actualites/tribune8.htm
    Une chevalière signifiant l’appartenance à un ordre peut naturellement intéresser un membre important du clergé… Et rien ne nous dit que Beaufort n’adhérait point au Tiers-Ordre franciscain…

    D’autre part, ce bijou a pu à l’époque être considéré par les soldats comme un « grigri », assurant à Jeanne la victoire…. et de ce fait être copié à de nombreux exemplaires …
    Ce qui fait qu’il est impossible actuellement de prouver que c’est précisément cet anneau qui aurait appartenu à Jeanne, et il n’est point l »une des nombreuses autres copies!

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      François Miclo 4 juin 2016 (12:12)

      J’ai lu l’article dont vous avez eu la gentillesse de fournir le lien. Trois remarques.

      1. Je crains que la question de la filiation royale de Jeanne d’Arc ne soit davantage un sujet de romancier que d’historien. Elle est l’un des personnages du XVe siècle dont la vie est parmi les mieux documentées. Il y a les minutes de son procès, où elle dit être la fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle Rommée. Elle connaît donc son patronyme. Admettons qu’elle mente lors de son procès. Dans ce cas, il n’y a qu’à se rapporter à d’autres actes administratifs, comme sa comparution en 1428 sous le nom de « Jeanne d’Arc » devant l’officialité de l’évêque de Toul : un jeune homme de Domrémy lui fait alors un procès pour rupture de fiançailles.

      2. Pour ce qui est de la canonisation de Jeanne d’Arc, c’est un peu aller vite en besogne que de dire qu’elle a été achetée par l’Etat français en 1920… Cette canonisation est le fruit d’un processus long de 51 ans, commencé en 1869 avec « l’introduction de la cause » par Mgr Dupanloup.

      3. L’appartenance de Jeanne d’Arc au Tiers Ordre est une pure spéculation, tout comme sa rencontre avec sainte Colette de Corbie, qui n’a jamais foulé le sol du diocèse de Toul ni du duché de Bar. On peut supposer une rencontre entre Jeanne et Colette de Corbie en 1429 à Moulins, mais l’hypothèse repose sur vraiment trop peu d’éléments pour être reçue. Quant à établir un rapprochement entre Jeanne et les franciscains à partir du « Jhesus Maria » qu’elle a fait broder sur son étendard, c’est un peu grotesque : la plupart des bannières des villes portait cette mention… D’autre part, la présence franciscaine n’est attestée dans les Vosges qu’après les années 1450, soit plus de vingt ans après la mort de Jeanne. Enfin, c’est à vérifier auprès d’historiens spécialistes des Ordres mineurs : l’existence d’un anneau du Tiers ordre me semble très improbable, du moins absolument contradictoire avec l’esprit franciscain.

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    Ducote 8 juin 2016 (03:34)

    Je réagis un peu en vrac aux dernières remarques :
    1° Sur la batardisance : il s’agit d’un vieux bobard, remontant aux inventions de monsieur Cazes (je vous renvoie au livre de Colette Beaune sur ce sujet). Le simple bon sens suffit à réfuter cette ineptie : si la reine de France, Isabeau de Bavière, avait eu un enfant du frère du roi, Louis d’Orléans (ce qui n’est pas prouvé), ils auraient tout simplement fait passer celui-ci pour un enfant du roi (Charles VI n’y aurait vu que du feu, d’autant qu’il était fou), au lieu d’aller le cacher dans un trou perdu à la frontière chez des paysans, même aisés. Et on se demande ensuite pourquoi on serait allé le chercher 20 ans après. On est en plein dans du roman dix-neuvième siècle, pas dans de l’histoire.
    2° Une des erreur fondamentales que commettent les « compagnons de l’anneau », c’est de s’imaginer que l’anneau est au coeur de l’histoire de Jeanne d’Arc, que les Anglais rêvaient de s’emparer de l’anneau, qu’ils l’ont gardé pendant 600 ans (ah, les s.), jusqu’à ce que le preux chevalier Villiers du Puy du Fou aille l’arracher au dragon britannique…… En fait c’est absurde :
    L’anneau (ou plutôt les anneaux) de Jeanne d’Arc ne sont pas au coeur du procès : sur les 430 pages de l’édition de Pierre Tisset, les passages relatifs aux anneaux tiennent au total sur une page : c’est dire l’importance qu’ils avaient. Une fois que les juges se sont aperçus qu’on ne pouvait pas monter d’accusation sur eux (Jesus Marie et trois croix, c’est pas vraiment hérétique), ils sont passés à autre chose.
    Quant au cardinal Beaufort, s’il était à Rouen, ce n’était pas pour collectionner des bagues : il était venu en France avec des renforts et son petit neveu, le petit roi d’Angleterre (10 ans), afin de sauver les intérêts de la double monarchie, fortement compromis par, entre autres, une certaine Jeanne d’Arc (Orléans, Patay, etc. sans oublier le sacre, qui changeait la donne politique). Il était évidemment intéressé à obtenir une condamnation (pas forcément au bûcher). Après celle-ci, il a emmené le jeune roi à Paris, où il l’a sacré roi de France. On ne voit franchement pas pourquoi il aurait cherché à récupérer la bague de Jeanne. Et jusqu’à présent, personne n’a apporté le moindre document prouvant qu’il en était devenu propriétaire. C’est une affirmation gratuite.
    3° Point n’est besoin d’imaginer des copies d’anneau de Jeanne d’Arc circulant à son époque : pour le coup le tribunal aurait eu du grain à moudre. En fait il s’agit dans les deux cas (l’anneau Villiers et l’anneau « bourguignon ») d’un anneau de dévotion, avec la mention du Saint Nom. La pratique de la dévotion au Saint Nom se répandait à l’époque de Jeanne. Elle était notamment prêchée par saint Bernardin de Sienne. Il existe d’autres anneaux Jesus Marie. Pour ma part, j’en ai trouvé deux, l’un au British Museum, l’autre dans un ouvrage paru dans les années 20. Et je suis loin d’avoir parcouru tous les musées et collections. Il doit y en avoir d’autres. Il est d’ailleurs regrettable que madame Soupault, expert en bijoux anciens, n’en ait pas parlé.

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      François Miclo 13 juin 2016 (18:42)

      Merci, Ducote, pour ces éléments de mise au point. Ce qu’il y a d’extraordinaire, dans toute cette histoire, c’est que certains délaissent volontiers les documents pour inventer des légendes.

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    Pierre Jolibert 11 juin 2016 (11:12)

    Je voulais bien croire en effet qu’un guerrier du réseau bourguignon pût être content de mettre à son doigt un anneau porte-bonheur.
    Qu’un prélat certes un peu politique, en revanche, mette de côté l’anneau d’une condamnée dont on est censé s’arranger pour que rien ne reste et pour l’offrir à un prélat certes très politique, je trouve ça plus laborieux. Mais enfin pourquoi pas.
    Mais j’ai du mal à résister aux scénarios d’anneau perdu au cours d’une embuscade (avec tous ces bois rien n’est plus facile), et tombé… mettons dans l’Andelle : intervient alors un Hobbit pêcheur du pays de Bray : ils sont curieux comme des pies, etc. ;)

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      François Miclo 13 juin 2016 (18:40)

      Pierre Jolibert, mon précieux ! Mon précieux ! Mon pré-cieux…

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    Ducote 14 juin 2016 (12:36)

    C’est le résultat de l’inculture historique générale : pas seulement l’ignorance de l’histoire en général, mais aussi et surtout de la méthode de la recherche historique. Les gens ne savent tout simplement pas ce qu’est une source, un document (d’époque ou non), comment on les confronte, comment on vérifie. Cela n’est enseigné qu’à l’université en fac d’histoire ou à l’Ecole des chartes.
    Pour la plupart des gens, l’histoire consiste à raconter de belles histoires, qui flattent leurs préjugés, leurs a-priori idéologiques, leurs mythomanie, sans se préoccuper de savoir si c’est exact ou non.

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    Pierre Jolibert 21 juin 2016 (12:39)

    Ducote,
    d’un autre côté, il peut paraître normal que la formation technique au maniement des sources et documents ne soit distribuée que dans des filières spécialisées. Il y a en amont de ce que vous décrivez le simple goût pour la vérité et la sensibilité à la différence entre la vérité absolue de fait et l’appréciation relative d’opinions plus ou moins justes. Cela gagnerait à être un peu plus l’objet d’une imprégnation graduée et continue dès le plus jeune âge, et pas forcément sur une matière historique au sens strict.
    Ce que vous dites et le sujet de l’article me font penser à un cas que j’avais croisé au hasard de mes malheureuses tentatives d’études en archives (car vraiment la formation technique en question je l’ai bien foirée, donc je sais que c’est difficile), au Pays basque dans les années 1910-1920 deux prêtres font des recherches autour d’une femme fusillée par l’armée française pour espionnage, trahison ou je ne sais trop quoi sur le front pyrénéen en 1795. Je suis presque sûr du nom : Madeleine Larralde. Ils voulaient monter le dossier pour une promotion (si possible canonisation ?), peut-être influencés ce qui arrive alors à Jeanne d’Arc, et pour mettre en avant leur région aux côtés de la Vendée dans la mémoire catholique traditionnelle de la Révolution.
    Très vite, ils se heurtent à un ennui, qui devient entre eux deux pomme de discorde. La Madeleine est cantinière, et apparemment du genre Madelon aime à rire et chanter comme nous. Elle a même eu un enfant, je crois. Après tout, aujourd’hui ça n’aurait pas d’inconvénient majeur, mais à l’époque ça heurte un peu les canons sulpiciens de la sainteté. L’un des deux prêtres dit bon ben tant pis, on abandonne. L’autre veut continuer en dissimulant les faits gênants. Disons que son amour de la vérité est moins fort que ses autres vertus.
    (ceci fondé sur mes souvenirs, je vérifierai plus tard, mais je vois déjà qu’il y a traces d’elle sur la Toile, et qu’elle a été exécutée en 1794)