Le gouvernemensonge

La religion, qui a le vent en poupe (et même dans les voiles) en ce moment, recommande à ses adeptes de mentir à ceux qui n’en font pas partie afin de dissimuler ses vraies intentions. Et même de mentir entre époux « pour préserver la paix familiale ». On n’est pas plus ouvert, tolérant, pacifique qu’en se mentant à tire-larigot. Le mariage en revêt une majesté somptueuse, un lustre muranien, une robustesse éternelle. On ne dira plus jamais qu’on est « pour la paix des ménages » sous peine d’être soupçonné de pratiquer l’arrachage des dents.

La diététique du mensonge

Le socialisme a, de longue date, érigé le mensonge en diététique de la réalité. Il constitue même, en la matière une sorte de mètre-étalon. Essayer de faire croire qu’on va contribuer à l’enrichissement d’un peuple en multipliant les fonctionnaires relève de la tromperie la plus éhontée.

Mais sa version française des années en cours pousse le bouchon jusqu’à des sommets inégalés. La religion socialiste abreuve ses fidèles en contre-vérités qui n’échappent pas à un esprit moyennement averti, disons à un élève moyen de cours moyen…

Sa dyslexie l’avait amené à considérer comme décroissantes des courbes qui ascensionnaient visiblement, comme encourageants des résultats pitoyables, comme couronnés de succès des efforts stériles.

Mais voilà que les prélats les plus éminents de cette secte étrange pratiquent le contre-témoignage avec une audace qui serait admirable si elle n’était cousue d’un fil blanc qui saute aux yeux.

Résumons : le ministre du Budget, chargé de faire rentrer les finances publiques et de traquer les évadés fiscaux, cachait et cache encore des fonds substantiels dans des paradis fiscaux. La croyance en un paradis fait partie de la religiosité la plus ordinaire, mais tout de même…

La ministre de la Justice, supposée attachée au vrai, au bien, au juste, est prise en flagrant délit de travestissement de la réalité, pour ne pas dire de mensonge patent. Et s’enferre avec constance, ajoutant à l’aveuglement légendaire de la Justice, une surdité formidable.

On découvrira bientôt que la ministre des Personnes âgées maltraite des vieillards, que celle du Droit des femmes emploie une Philippine non-déclarée, que le ministre des Transports-non-sexuels dissémine des éclisses sur les aiguillages de chemin de fer dans l’Essonne, à ses moments perdus.

Ce qu’il y a dans un gouverne-mensonge

Le ministre de la Défense trafique certainement de l’ivoire clandestin, celle des sports deale de l’EPO à la sortie du conseil des ministres, celui de l’écologie laisse couler le robinet quand il se brosse les dents, celle de la santé n’est pas à jour de vaccinations, boit, mange et ne bouge pas.

Le fol ministre de l’Agriculture mâchonne des OGM pendant les séances de questions au gouvernement, celui de la Pêche se goinfre de thon rouge, son collègue de l’Economie est en rouge à la banque, la chargée de la Francophonie twitte en langues étrangères, tout en jurant que les fonds qu’elle possède au Luxembourg sont bio puisqu’elle a cru que le Luxembourg était un jardin. Elle même semble tellement refaite qu’on la prend pour un OGM. On n’est pas moins bio…

On se prend à rêver que le gouvernement se souvienne que le suffixe « ment » étant servi, il conviendrait de se consacrer un brin au début du mot…

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Bernard Rackam est chroniqueur à la radio, consultant, père de famille, catholique et breton.

2 Réactions à "Le gouvernemensonge"

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    NOURATIN 19 mars 2014 (17:32)

    Voilà qui caractérise bien le problème… ils disent gouverne il faut entendre boni…
    Ment, en revanche, ça reste la constante.

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      JG2433 20 mars 2014 (09:01)

      Remarque humoristique faite par Raymond Devos, en substance : la chambre des députés est formée de deux mots :

      parle-ment…