Le Maréchal Peillon vous parle !

Vincent Peillon

Vincent Peillon

Une presque interview. Nous nous retrouvons dans le bureau du ministre, repeint en noir et blanc. Il est occupé à parler avec l’un de ses collaborateurs. Dans un coin de la pièce, un vieux phono crache, entre deux grésillements, un air connu de Lucienne Delyle. Un huissier nous tend un verre d’eau de Vichy. Nous le refusons poliment. Il insiste. Pas de résistance. Sur un plateau, quelques tickets de rationnement font figure d’amuse-gueule.

Tak. Merci de nous recevoir dans votre bureau, Monsieur le Ministre, le jour-même de la rentrée scolaire…
Maréchal Peillon. Non, je vous en prie : pas de protocole ! Nous sommes entre nous : appelez-moi Maréchal !

Maréchal donc, mais quelle est cette nouvelle coupe de cheveux que vous arborez ?
Rien : c’est la coupe pour la rentrée des classes. Vous êtes journaliste à Votre Beauté pour me poser une telle question ?

La polémique lancée par Luc Chatel vous a-t-elle choqué ?
Mon prédécesseur a voulu faire le malin. Au final, il a raconté n’importe quoi et personne ne l’a pris au sérieux. Je hais ces mensonges qui m’ont fait tant de mal… Mais quels petits enfants de France pourraient-ils croire un seul instant que je sois pétainiste ? D’ailleurs, je vous ai fait venir un attaché temporaire d’enseignement et de recherche pour vous confirmer mes dires.

Pourquoi donc ?
Eh bien, parce que l’ATER ne ment pas !

Là, mon Maréchal, c’est franchement pétainiste.
C’est totalement absurde ! Je ne suis pas pétainiste : j’ai toujours été, je suis et je demeure uniquement peilloniste ! Tout le monde sait, d’ailleurs, que j’ai fait le don de ma personne à l’Education nationale pour atténuer son malheur. Et puis, ce n’est guère plausible : Pétain, lui, n’a jamais été appelé le « Père la Victoire » !

Ah ! vous non plus, maréchal !
Si, moi je suis le « Père la Morale » !

Mais quand même, Maréchal, vous avez employé les mêmes mots que Pétain : « redressement intellectuel et moral »
Le maréchal Pétain n’a pas déposé la formule à l’INPI, que je sache. Je veux simplement parler aux Français en toute francisque, pardon, en toute franchise. C’est une bien vaine polémique. Je le dis à mes compatriotes et je le répéterai si Radio-Paris m’invite à parler dans le poste : Français, j’ai des choses graves à vous dire. De plusieurs régions de France, je sens se lever depuis quelques semaines un vent mauvais. L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes. L’autorité du gouvernement est discutée…

Arrêtez, Maréchal ! Vous reprenez intégralement un discours que Pétain a prononcé en 1941 !
Ah bon, ça se voit ?

Non, mais ça s’entend !
Fort bien ! C’est que le niveau n’est pas si nul en histoire. Vous voyez : je suis ministre de l’Education nationale depuis trois mois à peine, et tout va déjà mieux. Le changement, c’est maintenant. Mais je ne m’arrêterai pas là : je vais tellement changer et bouleverser ce ministère qu’on l’appelera bientôt ministère de la Révolution nationale.

Là, vous plaisantez, Maréchal ?
Ecoutez, je vous ai parlé jusqu’ici le langage d’un père, je vous parle à présent le langage d’un chef : je vous laisse, j’ai un colloque à ouvrir à Montoire sur l’apprentissage de l’allemand.

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4 Réactions à "Le Maréchal Peillon vous parle !"

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    rackam 4 septembre 2012 (08:21)

    Cazals, on ne peut pas tondre un oeuf, mais votre occiput sentira le vent du boulet! Et dire que Peillon est le petit neveu de Leon Blum! S’il vous traîne en justice, je viendrai vous soutenir, en silence…

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    MORASSE 4 septembre 2012 (09:35)

    Bonjour, generalissimo Cazals… les meilleures phrases citées sont d’Emmanuel BERL (pas Bern) plume dudit Pétrain. C’est pas beau de copier…

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    Raùl Cazals 4 septembre 2012 (10:33)

    Monsieur Morasse, je vous parle franco : c’est un sale hasard !

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    NOURATIN 4 septembre 2012 (14:12)

    M’sio Peillon,
    Nô voilà,
    Divan toi li zouveur di la Fronce,
    Nô jirons,
    Nô ti gars
    Di sirvir i di suivre ti pas!
    Vous n’y êtes pas du tout, voyons, ce sont juste des cours de socialisme qu’il veut instaurer à l’école, ce bon ministre.
    Ne lui faites donc pas un procès d’intention!

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