Christ de Borja, la vieille se rebiffe

Vous souvenez-vous de Cecilia Giménez, paroissienne de Borja âgée de 81 ans qui avait restauré à sa manière, dans une Eglise des environs de Saragosse, un Ecce homo calamiteux, connu aujourd’hui dans le monde entier sous le nom de Christ de Borja. L’affaire avait fait le tour d’Internet et les unes de la presse. On avait vu Cecilia pleine de contrition, regretter devant les caméras de télévision son acte malheureux.

Christ de Borja : payez la visite !

Eh bien, c’est fini : adieu les regrets et les chagrins ! La vieille se rebiffe. C’est El Correo qui nous l’apprend : vu l’afflux incessant de touristes venant à Borja se faire photographier devant l’œuvre restaurée, le conseil de fabrique de l’église a décidé de faire payer la visite1. Et notre Cecilia Giménez réclame son dû ! Elle a même embauché un avocat pour percevoir des royalties.

Pingre comme Picasso

On la croyait gaga, la vieille ! Non : la traitresse a toute sa tête et elle veut ses trente deniers. Elle est aussi pingre que l’était Picasso. On va finir par croire que les Espagnols ne se contentent pas d’être de mauvais artistes : ils sont d’une avarice sans limite.

  1. Pourquoi met-on des coqs et non des poules sur les girouettes des clochers ? Parce que là où un curé passe, il n’y a plus rien à gratter. Vieille blague anticléricale racontée dans les sacristies à l’heure où le vicaire compte la quête dominicale.  

A propos de l'auteur

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Né à Cuba à une date indéterminée, Raùl Cazals est critique d'art et chef de la "cellule investigation" de tak.fr.

2 Réponses

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    NOURATIN

    Excellent! La nature humaine est ainsi faite que l’improbable
    arrive presque toujours. Il suffit d’un petit coup de médiatisation et tout se transforme. Une connerie monumentale peut ainsi devenir source de profit.
    Exemplaire cette histoire!

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