Cécile Duflot nous ébaudit

Une erreur de casting, sans doute. François Hollande a vraiment mal logé Cécile Duflot en la nommant ministre du Logement. Elle méritait mieux, plus grand, plus beau, plus fort. Ce qu’il lui faudrait, c’est un portefeuille où elle pourrait donner de l’ampleur à son immense talent.

Cécile Duflot réforme l’orthographe

Le ministère de l’Education nationale – qui devrait se libérer sitôt que les enseignants auront déposé leur premier préavis de grève contre la réforme Peillon – conviendrait ainsi parfaitement à l’ancienne secrétaire nationale des Verts. La preuve : elle est déjà au travail et a entrepris une immense réforme syntaxique et grammaticale de la langue française, comme en témoigne l’un de ses récents messages sur Twitter :

On connaissait les verbes « ébaubir » (surprendre) et « ébaudir » (divertir, égayer). On connaissait aussi « estourbir » (assommer). En revanche, « esbaubir » est inconnu au bataillon, mais le néologisme est suffisamment surprenant pour nous divertir sans nous assommer.

Elle nous ébaubit et nous ébaudit

Bien sûr, les esprits les plus rétifs au génie duflotien se borneront à constater le solécisme et en concluront que la ministre du Logement a une maîtrise assez lâche de la langue française. Quelle méprise ! Cécile Duflot aime tellement la langue qu’en 2003, après ses études, elle n’a pas hésité à retourner parfaire ses connaissances linguistiques sur les bancs du collège (certes, le collège exécutif des Verts, mais seule compte l’intention).

On se demande, quand même, si l’inventivité lexicale dont fait preuve Cécile Duflot n’est pas un peu à l’étroit au sein du gouvernement. Un fauteuil à l’Académie française ne lui messiérait pas. Et puis, l’habit vert, franchement, ça lui irait beaucoup mieux qu’à Valéry Giscard d’Estaing.

Le problème, c’est son élection. On sait que les Verts sont bons partout, mais pas pour ça. Ils n’ont pas choisi l’option « Se faire élire sur son nom » au baccalauréat, mais ils ont eu 19/20 à « Ni vu, ni connu, je t’embrouille[endnote Jean-Vincent Placé avait, lui, obtenu 20/20 dans cette matière ; il avait même remporté le Concours général.]« .

Vite, un nouvel accord Verts-PS

L’urgent est donc de faire revenir Martine Aubry rue de Solférino, afin qu’un accord Verts-PS soit conclu le plus rapidement possible au détriment des socialistes (ça, Martine, elle sait faire). Cécile Duflot pourra ainsi se rendre quai Conti et prendre place sous la Coupole.

Enfin, quand j’écris « Coupole », c’est une métonymie pour désigner l’Académie française. Je ne voudrais pas que Cécile Duflot se rende à « La Coupole », boulevard Montparnasse. Ce seraient les garçons de café de l’endroit qui, pour le coup, s’ébaubiraient.

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17 Réactions à "Cécile Duflot nous ébaudit"

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    NOURATIN 12 octobre 2012 (11:48)

    Ce n’est pas parce qu’on parle français comme une vache espagnole qu’on ne peut pas devenir ministre. D’ailleurs,
    même sous Sarkozy, on avait des pointures de même niveau.
    Souvenez vous de Fadela Amara, vous savez, la dame de
    « ni miss ni sous-pute »…

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    nog 12 octobre 2012 (13:09)

    Sans vouloir déclencher une querelle de dictionnaires, le Larousse en ligne tient « s’esbaudir » pour correct :
    http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ebaudir/27233#27091
    Par contre, dans le cas du Littré en ligne, rien sur les écrans-radar…
    Et cela ne retire rien à l’horrible formulation du tweet…

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    spqr 12 octobre 2012 (13:21)

    C’est certes plus gentillet que le pain au chocolat mais que de mots pour commenter un tweet tres bete dans lequel je ne vois pas la matiere. Outre la possibilite d’une faute de frappe, elle a pu vouloir nous faire un detour par l’ANCIEN francais car nombre de mots francais commencant par e (accent aigu que je ne peux faire son mon clavier!) viennent du vieux francais es, et du bas latin es, lesquels venaient d’un haut latin s… Ainsi, etoile-> estelle -> stella. D’ailleurs je ne serais pas surpris qu’elle ait pu puiser cela dans un parler regional. Dans ma Provence natale, il arrive encore qu’on s’estouffe ou qu’on esternue.

    Il y a bien des choses a reprocher a Cecile Duflot mais en ce moment, j’ai franchement l’impression que vous attaquez les politiques par le petit bout de la lorgnette.

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    MORASSE 12 octobre 2012 (14:21)

     » Aqui, n’i a proun ! » dit-on aussi à Marseille… puisqu’on utilise le parler régional pour donner la leçon de grammaire. En ce moment, comme vient de le dire Tibor, ce serait plutôt « niqab ton pinard » qu’il faudrait décrypter.

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    Florence 12 octobre 2012 (15:21)

    spqr, je vous trouve bien clément ! :-)

    si Dame Duflot voulait écrire ébaubir, c’est-à-dire surprendre, à l’ancienne, voilà ce qu’aurait donné le message en langage actuel :
    « si les qui se sont surpris sur mes twitts culinéaires pouvaient lire mon discours etc. »

    En toutes franchise, cela ne veut rien dire.

    Donc Madame Duflot ne maîtrise pas vraiment la langue française.

    Du reste, je suis persuadée que Twitteur pour les politiques est un révélateur de bêtise et d’ignorance et nous en avons la confirmation régulièrement avec Madame Duflot et avec bien d’autres.

    Le fait que Madame Duflot, ministre de la République française, soit ignorante et bête ne me paraît pas être un détail à négliger.

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    spqr 12 octobre 2012 (15:46)

    Bonjour Florence,
    Oh je ne suis pas clement avec elle. Elle m’horripile tout a fait et elle est le fruit de son epoque, de sa generation, de… hum… ma generation faut bien l’admettre!
    Son parler, ses manieres sont ceux de nombre de mes collegues. Sur ce twit, je lui accorde le benefice du doute, c’est tout. Mais comme je vois sur ce site une flanquee d’articles contre elle, certains plus pertinents que d’autres, j’ai envie d’un peu la defendre ici, car celui-ci n’est pas pertinent du tout!!

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    Tibor Skardanelli 12 octobre 2012 (15:47)

    Je n’aime la péronnelle mais je suis d’accort avec SPQR, l’écrit des messages instantanés et des commentaires ne donne aucune idée de la maîtrise de la langue.

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    spqr 12 octobre 2012 (16:03)

    Nous lui accortons donc aussi le benefice du doude ;-) !

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    madar 12 octobre 2012 (16:10)

    J’aurais écrit la même chose.

    A mon époque, on disait (ou « écrivait », plutôt), esbaudir.

    Il n’y a pas de quoi en faire un fromage de cette histoire.

    Et puis ras la casquette des mysogines (ou misogynes?).

    Je nel’aime pas, certes, mais Hollande et Ayrault sont si « pires »!

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    spqr 12 octobre 2012 (20:42)

    Dites-donc madar, vous ne feriez pas un peu dans la misogynie en déclarant que vous ne l’aimez pas? Dire que l’on n’aime pas une femme, c’est une condition nécessaire mais est-elle suffisante pour verser dans cette phobie-là?

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    Tibor Skardanelli 12 octobre 2012 (21:52)

    Mais mon cher SPQR les dames ne sont jamais misogynes et notre chère Isa encore moins :)

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    spqr 12 octobre 2012 (22:13)

    Diantre Skardanelli! Je ne peux m’y résoudre. L’Isa que j’ai connu naguère n’aurait pas pu s’empêcher d’aller croiser le fer sur le fil de Nadia des Carpates ou d’aller prendre la défense de N. Morano. Et en plus elle n’aurait pas changé de pseudo. Isa, démentez please!!!

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    Patrick 12 octobre 2012 (22:38)

    SPQR,, elle a changé de pseudo parce qu’il y avait déjà une autre Isa ici lorsqu’elle est arrivée.

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    Marie 12 octobre 2012 (23:34)

    J’ai eu un instant honte car j’écris aussi esbaudir merci Isa de me rassurer!

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    Patrick 13 octobre 2012 (00:03)

    « Dans ma Provence natale, il arrive encore qu’on s’estouffe ou qu’on esternue. »
    Pasqua parlait des estudiants, et il était corse.
    Dans le Limousin, le blé mouillé « s’essuie » alors qu’il sèche !
    Ah, ce n’est pas pareil ?
    Pour défenestrer, il faut ouvrir la fenestre, pardon, la fenêtre.
    Et le garde-forestier garde bien la forêt.

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    spqr 13 octobre 2012 (00:45)

    Merci Patrick pour l’info.
    Pasqua était peut-être d’origine corse mais avait grandi à Grasse, d’où le es. En Corse, comme en Italie, ce serait le s impur qui serait resté: « studenti ».
    Vos exemples du s remplacé par un ê en milieu de mot sont un peu différents car en latin ils s’écrivaient « es » (ou as, pâtre pâte…) mais c’est en effet l’idée. Il n’y avait pas de quoi faire tout un éclandre autour d’un tweet et il suffit de ne pas tout mescler!

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    Patrick 14 octobre 2012 (00:08)

    Et puis il y avait Mesrine qui voulait qu’on dise « Mérine ».

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