Barbarin : le prochain scandale

Exclusif. Alors qu’il est déjà pris dans la tourmente médiatique de plusieurs affaires de pédophilie, le cardinal Barbarin est éclaboussé par un effroyable scandale jusqu’alors tu par les médias. Selon nos informations, le primat des Gaules aurait eu connaissance de l’odieux assassinat d’une jeune fille dans son diocèse, sans jamais en alerter la police.

– Lyon (de notre envoyé spécial). Le cardinal Barbarin est dans de sales draps. Archevêque de Lyon depuis 2002, il est suspecté de ne pas avoir dénoncé à la police une série d’agressions sexuelles sur mineurs dont l’un des prêtres incardinés dans son diocèse se serait rendu coupable entre 1986 et 1991. La presse et les réseaux sociaux – c’est-à-dire l’essentiel de ce qui constitue aujourd’hui la rumeur publique en France – communient et demandent en chœur la démission du cardinal. La chasse au Barbarin est ouverte : « Les gars, tirez à vue ! Et ne manquez pas la bête, elle ne bouge pas des masses. »

Ça sent le roussi pour Barbarin

Même Manuel Valls – une fois n’est pas coutume – est parfaitement raccord avec l’opinion publique du pays. Il s’est fendu de son couplet ce matin sur RMC : sans attendre les conclusions de l’enquête judiciaire, il a demandé au primat des Gaules de « prendre ses responsabilités ». Quand un Premier ministre viole ainsi la présomption d’innocence, la séparation des pouvoirs et la laïcité, ce n’est plus vraiment un viol, mais un gang-bang.

En tout cas, ça sent le roussi pour le cardinal Barbarin. On voit mal, en effet, l’archevêque de Lyon se remettre des accusations faites à son endroit. Peut-être la justice demain le lavera-t-elle de tout soupçon. Mais quand la clameur publique a parlé, elle ne revient jamais sur ses décrets. Ils sont irrévocables. La justice veut la vérité ; l’opinion du sang sur les murs.

L’affaire est d’autant plus mal embouchée pour le cardinal Barbarin qu’il n’en est pas à son coup d’essai. Nous avons enquêté à Lyon sur le passé de l’archevêque. Le Rhône traverse paisiblement la ville. L’antique capitale des Gaules s’y reflète et oublie les crimes que le fleuve charrie. Et parmi ces crimes innombrables, il en est un qui surgit du passé : la petite B.(1) est une jeune fille chrétienne de 15 ans à peine. Elle est séquestrée par le funeste « gang des Romains », torturée, passée à tabac pendant plusieurs jours, avant d’être égorgée.

Assassinat de la jeune B. (15 ans) : le cardinal Barbarin n’a pas dénoncé

Chargé de l’instruction, le juge Eusèbe de Césarée(2) relate les détails de l’assassinat de la jeune B. et n’hésite pas à le qualifier de « martyre ». Par respect pour nos lecteurs, nous passons sous silence, les conditions dans lesquelles la pauvre B. a été mise à mort.

Or, d’après nos informations collectées dans les traboules lyonnaises, le cardinal Barbarin n’a jamais dénoncé ce crime perpétré en août 177 aux autorités compétentes, alors même qu’il est archevêque de Lyon depuis 2002 et que la non-dénonciation de crime est puni en France de trois d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende (articles 434-1 et suivants du Code pénal). Qui cherche-t-il à couvrir ? Pourquoi le cardinal n’a-t-il pas saisi la justice, alors que les quatorze dernières années lui en auraient laissé amplement la latitude et le temps ?

Pire encore : comment se fait-il que le cardinal Barbarin se rende aussi régulièrement à Rome, alors que les assassins de la petite B., dont nous devons rappeler qu’elle n’avait que quinze ans quand elle a été sauvagement tuée, étaient tous Romains ? Faut-il croire qu’il existe une connexion entre Philippe Barbarin et le gang des Romains ? Un indice grave le laisse entendre : d’après notre enquête extrêmement poussée(3), il apparaît que l’archevêque de Lyon est cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts à Rome depuis 2003 et qu’il ne s’en cache pas !

Comment voulez-vous qu’un homme, fût-il un prélat de la Sainte Église catholique, apostolique et romaine, qui ne dénonce pas à la police un aussi odieux assassinat que celui de la petite B. soit innocent ? Non, vraiment, Marguerite Duras n’eût pas dit mieux, le cardinal Barbarin est « coupable, forcément coupable ».

Notes   [ + ]

1.Nous taisons son prénom et son nom pour des raisons déontologiques évidentes, puisque la victime était mineure à l’époque des faits.
2.Sans doute un camarade de promotion d’Éric de Montgolfier. Il y a franchement de drôles de patronymes « fins de race » dans la magistrature française.
3.Pour établir ces faits, nous avons consulté la notice wikipédia du cardinal Barbarin, à Lyon, dans notre hôtel.

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Né à Cuba à une date indéterminée, Raùl Cazals est critique d'art et chef de la "cellule investigation" de tak.fr.

18 Réactions à "Barbarin : le prochain scandale"

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    Béatrice 15 mars 2016 (21:12)

    Merci, Monsieur Cazals, pour avoir mené l’enquête à Lyon sur le passé trouble du cardinal dont on ne veut même plus prononcer le nom, tellement ses errements nous hérissent.

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    Jean-Christophe 15 mars 2016 (21:34)

    J’ai été son enfant de chœur à Moulins et il ne s’est jamais livré à aucun attouchement sur ma personne. Dois-je en conclure que je suis très moche ? Ou alors la vocation lui est venue sur le tard ?

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      Raùl Cazals 15 mars 2016 (22:07)

      Oui, Jean-Christophe, tu dois être très moche. D’ailleurs, ta photo n’est pas très belle.

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        Jean-Christophe 15 mars 2016 (22:09)

        C’est l’hospice qui se fout de la charité ! Vu votre âge et votre photo, vous n’avez jamais été attouché par qui que ce soit.

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          Béatrice 15 mars 2016 (22:19)

          Je trouve Monsieur Cazals très beau et très intelligent. D’après sa photo, je ne lui donne pas plus de 35 ans.

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    Jean-Christophe 15 mars 2016 (22:20)

    35 ans, vous êtes aimable ! Vu sa tronche, je lui donne à peine 10 ans. A vivre.

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      Raùl Cazals 15 mars 2016 (22:36)

      Beaucoup moins, j’espère, si je dois lire vos sales commentaires !

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    Greg31 16 mars 2016 (21:22)

    Merci pour ce moment … Pauvre Blandine et pauvre Cardinal. Que Dieu les aide (pour l’une c’est déjà fait!)

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    Courouve 16 mars 2016 (21:28)

    La nouvelle devise de l’Église : à tout pécho miséricorde.

    Barbarin n’est que le plus récent maillon d’une longue histoire http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2009/11/notes-historiques-sur-la-pedophilie.html

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    de seze 17 mars 2016 (08:53)

    Question: Qui veut la peau de Philippe Barbarin? Et de l’Eglise? Et des Chrétiens? Vieille question n’est ce pas…

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    de seze 17 mars 2016 (08:55)

    EH… Jean Christophe … un peu d’humour svp

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    Corinne Delvaux 17 mars 2016 (14:14)

     » Dont nous devons rappeler  » pas « rappelé » .

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    Lisa 17 mars 2016 (16:43)

    Merci pour ce moment de rigolade !

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    rousselle 17 mars 2016 (22:34)

    L’humour n’empêche pas de la décence à l’égard des victimes. Le vrai combat se joue-t-il autour du sort du cardinal Barbarin ou autour d’enfants trahis par des adultes ?(prêtre pédophile, parents qui ne portent pas plainte par crainte du scandale, adultes qui savent et qui ne disent rien, Cardinal qui ne pense pas que la pédophilie soit un fait suffisamment grave qui nécessiterait l’envoi dans un centre de soins un prêtre malade et criminel, dont il est le responsable spirituel). Si la même histoire se passait avec un professeur dans un lycée, n’iriez-vous pas demander des comptes au proviseur? Le cardinal Barbarin n’a pas besoin d’être défendu, il le fait très bien lui-même, les enfants eux auront toujours besoin d’être protégés. Ne vous trompez pas de combat. Mon soutien va aux victimes, adultes aujourd’hui qui ont le courage de parler. Mes prières vont à tous ceux qui se sont tus et qui se taisent, que leur foi leur donne le courage de dénoncer l’innommable.

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    Denys Perrin 21 mars 2016 (12:29)

    M. Rousselle
    Qu’est-ce que vous voulez ? L’esprit ‘Je suis Charlie Hebdo’ est passé aussi dans l’équipe de tak.fr.
    Blague à part, vous avez entièrement raison, et je ne pense pas que Raul Cazals ne le conteste. Le cardinal également, c’est ce qu’il a maintes fois déclaré, que je sache.
    Tous les côtés de cette affaire sont cependant à montrer. Valls est odieux, il cherche à racler des voix en usant d’énormes poncifs, mais lui en revanche se fout éperdument des victimes des actes pédophiles, qu’ils viennent de l’Église, de l’Éducation Nationale, ou de ses confrères politiques – ces derniers, il se garde bien d’en parler, il ne veut pas faire de peine à Dany.

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    Fernand 21 mars 2016 (16:21)

    Vous vous essayez à faire de l’humour ? Dommage, le fond comme la forme ne le sont pas. On dit que l’amour rend aveugle, la religiosité aussi, l’âge n’aidant pas… Triste.

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      Raùl Cazals 21 mars 2016 (18:33)

      Toi, je t’emmerde. Si l’un de mes gosses (j’en ai six) était revenu à la maison en se plaignant de s’être fait tripoter, je serais aussitôt allé voir le curé. On ne l’aurait jamais plus retrouvé. Point barre. Tout le reste est de la connerie à journalistes. T’as compris ?

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        Fernand 21 mars 2016 (18:55)

        Mais oui bien sûr ! vous auriez fait justice vous-même : bravo. Pour un homme de votre âge, vous manquez de sagesse et vous avez la mémoire très courte.
        Cessez vos blagues de mauvais goût svp.