Arno Sebar chez les Belges

Lorsqu’en septembre 1848, le retour du roi Louis-Philippe aux affaires sembla définitivement compris, Arno Sebar gagna Bruxelles. Ce petit artisan qui avait vite compris qu’on gagnait plus d’argent en fourguant des sacs hors de prix aux petites vieilles qu’en le leur piquant avait fait fortune dans la maroquinerie sous la Restauration. Comme son succès était grand et sa fortune faite, il acheta quelques maisons de Champagne pour fêter l’événement.

Bernard Arnault

Arno Sebar tenta de se faire élire roi des Belges en 1848.

Seulement, la Révolution de 1848 risquait de porter un grave préjudice à ses affaires. Pire encore : les Républicains à présent au pouvoir heurtaient les convictions politiques d’Arno Sebar. Pensez : un article paru dans Le National révélait que le chef de la Commission exécutive, François Arago, envisageait avec son complice Lamartine d’abolir le suffrage censitaire ! Sebar était fort heureux de payer l’impôt, à condition que la contrepartie de ce dernier soit le droit de vote. Il n’était pas question, pour lui, de mélanger sa voix à celles de gens qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un sac en cuir.

Les Belges sont cons, jusqu’à un certain point

C’est la raison pour laquelle Arno Sebar prit, en septembre 1848, la première diligence pour Bruxelles. Là, il gagna le Palais Royal et il tenta un coup d’Etat, en se proclamant roi des Belges. On l’observa. On lui fit chanter La Brabançonne et il s’exécuta :

« Aux cris de mort et de pillage,
Des méchants s’étaient rassemblés,
Mais notre prompt déguerpissage
Loin de nous les a refoulés.
Maintenant purs de cette fange
Que flétrissait notre cité,
Amis, il faut combattre Hollande
Et gagner notre liberté. »

Les Belges ont beau être cons, ils n’en restent pas moins très à cheval sur La Brabançonne. Comme les paroles entonnées par Arno Sebar n’étaient pas correctes, on lui refusa le trône de Belgique. Un peintre qui passait par là eut juste le temps de lui tirer le portrait, alors qu’il avait déjà revêtu l’habit royal. Puis Arno Sebar nagea jusqu’à l’Île de Clipperton, où il confectionna des sacs en peau de phoque qu’il essaya de vendre à prix d’or aux oiseaux et aux poissons. En vain.

Anonyme, Arno Sebar, soi-disant roi des Belges. Vers 1848, conservé à la Fondation Louis-Vuitton pour la mémoire des bagages.

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2 Réactions à "Arno Sebar chez les Belges"

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    Tibor Skardanelli 8 septembre 2012 (19:43)

    Qu’Arno Sebar bouille de rage contre la Hollande se comprend bien, mais effectivement pourquoi la Belgique, ce pays trop peuplé que fauche la sous-France ?

  • avatar
    Tibor Skardanelli 8 septembre 2012 (19:46)

    À un mal à barrer.

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