Aidons le père Riffard !

La charité. Rien n’illustre mieux ce mot que le sacerdoce du père Riffard, humble curé de Saint-Etienne. Aidons cet homme de Dieu et cet homme de bien à continuer d’accueillir, en sa modeste église, toute la misère du monde. C’est là où réside le génie du christianisme et le destin de la France.

Un baptisé n’a, finalement, pas grand chose à faire. Beaucoup de religions exigent de leurs adeptes de se conformer à des prescriptions et à des rites bien précis. Un chrétien n’a que très peu d’engagements : honorer le Seigneur une fois par semaine et tenter, par tous les moyens, de faire advenir le Royaume en notre monde.

Le Royaume est parmi nous !

Qu’est-ce que le Royaume ? Emmanuel Carrère a voulu récemment écrire un gros livre à ce sujet, il n’a rien compris. L’avènement du Royaume de Dieu parmi les hommes n’est pas une perspective eschatologique. Dans les premiers siècles de l’Eglise, tous ceux qui ont attendu l’avènement du Royaume comme une catastrophe imminente ont fini dans la glose et l’hérésie. Seuls ceux qui sont parvenus à être patients ont eu raison. Car ils savaient que le Royaume n’était pas une réalité extérieure à l’humanité, mais l’humanité elle-même dès lors qu’elle acceptait de réaliser le seul impératif qui s’impose à nos vies transitoires : « Aime ! »

Le Royaume de Dieu est là, parmi nous, monarchie absolue, totale – l’amour l’est toujours, sinon il n’est pas –, indémontrable, infalsifiable, instaurée dès lors qu’un seul homme – un seul – commence à prendre soin de son semblable. À prendre soin de lui et à l’aimer.

La royauté divine est à vous dès lors que vous songez à faire d’un caillou qui ne vaut rien la pierre angulaire de toute construction possible, dès lors que vous prenez conscience qu’il n’est pas de plus grand commandement, dans l’ordre du salut, que ce que Mathieu rapporte de la bouche même de Jésus : « Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez. »

Le Dieu fait homme nous apprend que l’homme se relève. Le Dieu fait homme, notre Dieu mort comme l’esclave sur une croix, nous apprend qu’il n’est pas de plus grande force dans l’univers tout entier que d’aimer. Aimer sans discernement, sans distinction, sans tri, sans sélection : dispenser notre amour – qui n’est pas proprement le nôtre, puisqu’il vient de Dieu – à qui vient à nous.

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent… » (Matthieu, 5:43-44).

Répandre la contagion de l’amour

Le bouleversement fondamental du christianisme est de dispenser l’amour éternel du Père, qui est, par la foi du baptême et le reniement de Satan, une contagion irrémédiable et inconditionnelle de l’amour vers des contrées inconnues. Débordons, chrétiens ! Exultons, répandons-nous ! Soyons contagieux, chrétiens, de l’amour du Christ, mort sur la Croix et ressuscité d’entre les morts. Soyons contagieux de cette joie-là, qui nous vient d’un Dieu qui a livré son Fils unique au calvaire pour nous démontrer, non pas par a+b, mais par la souffrance et la chair, que nous devions proclamer la civilisation de l’amour et la faire advenir.

Cette civilisation-là, elle advient ! Le Royaume est parmi nous, quand à Saint-Etienne, dans la paroisse Sainte-Claire, le père Gérard Riffard accueille en son église des sans-papiers. ll leur donne, à ces femmes et à ces hommes de peu, ce que notre société ne leur donne pas : un repas chaud, un toit pour le jour et pour la nuit, l’école pour les enfants, de simples droits humains. Moi je dis, qui suis un homme de peu de foi : béni soit le père Gérard ! Et béni soit cet homme qui a voulu que la sainte Eucharistie ne soit pas uniquement partagée, admirée, adorée, mais aussi vécue. Il y avait au calvaire, le bon larron crucifié aussi. Et Jésus lui fait une promesse : tu seras à ma droite, toi le rejeté, le loquedu, le nécessiteux. Minable, misérable, aussi condamnable que tu sois : dans ton humanité git le pardon, c’est-à-dire le salut et la sainteté.

L’autre jour, le maire de Saint-Etienne, le procureur et le préfet se sont ligués. Quoi ! on va lui en faire bouffer à ce maudit curé, à cet homme de peu qui prétend n’agir que par « amour ». On va lui faire mordre la poussière, lui et ses bons sentiments. Ils y sont parvenus. Ils ont prétexté que l’église du père Riffard ne présentait pas toutes les conditions de sécurité pour y loger la nuit des personnes. Demain, ces personnes dormiront dans la rue. Sans toit. Dans le froid. Conjuration des imbéciles ? Non. Conjuration des bourgeois, fort intelligents, bardés de diplômes, sûrs d’eux-mêmes, mais ne valant rien d’autre que des Judas de hasard aux yeux du Christ.

Aidons le père Riffard !

Je vous appelle, mes amis, mes lecteurs, à faire barrage à tout cela. Si vous pouvez envoyer cent millions d’euros à l’association du père Riffard : faites-le ! La loi étant la loi, chacun de vos dons vaudra réduction fiscale de 66 %. Si vous avez dix ou vingt euros dans votre poche, bref de l’argent que vous avez en trop et qui ne vous sert pas, faites de même !

Aidez juste des femmes, des hommes, des familles à vivre et à se relever. Toute aide est précieuse, même modeste.

Une adresse maintenant : « Anticyclone », 25 rue Charles Gounod, 42000 Saint-Etienne.
Remplissez vos chèques à l’ordre de : « CCP 15 117 63 U Lyon ».

Dix euros suffisent. C’est pas beaucoup. Alors, mettez-en cent ! Soyons juste fraternels, chrétiens ou pas, de l’humanité de l’autre homme, qui vient à nous comme nous venons à lui.

2 Réactions à "Aidons le père Riffard !"

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    Naïma Coquet 16 octobre 2016 (04:14)

    Soutenons son action

  • avatar
    Patrick 17 octobre 2016 (10:26)

    Si nous donnons de l’argent, nous aidons le père Riffard, certes.
    Mais nous donnons aussi raisons aux politicards et autres sbires de l’Etat qui, plutôt que d’aider ou d’encourager, empêchent les gens de bien de l’exercer.
    Ben oui, que voulez-vous ? si l’église brûle, ceux qui s’y trouvent brûlent avec, si les gens dorment dans la rue, ils pourront s’enfuir plus facilement en cas de problème ! Elles pensent à tout, nos autorités, sauf au fait que ceux qui dormiront dehors, le feront dans le froid et la pluie, dans l’insécurité la plus totale.

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