Le sauveur de la Hollande

Aartje Herstel a marqué profondément l’histoire de la Hollande et sa célèbre devise est encore récitée par chœur par les petits Bataves : « Alles voor het herstel van de nederlandse tulp. » (Tout pour le redressement productif de la tulipe hollandaise.)

Arnaud Montebourg

Aartje Herstel, redresseur productif de la tulipe hollandaise.

Le printemps 1623 avait été si chaud que les plus grands experts des Provinces-Unies parlaient déjà de « opwarming van de aarde » (réchauffement climatique). Or, les quelques degrés de trop manquaient faire s’effondrer les solides bases de l’économie néerlandaise : les tulipes, la marijuana et le gouda. C’est un phénomène que les plus éminents climatologues connaissent : lorsqu’il fait trop chaud, le gouda tourne, la marijuana pousse trop vite et les tulipes flétrissent.

Le sauveur de la Hollande

Fort inquiet de ce phénomène sans précédent, le stathouder se résolut à faire appel à l’esprit le plus ingénieux du temps : Aartje Herstel. Il commença à insulter tout le monde. Mais, voyant que la méthode ne marchait pas, il se résolut à prendre les choses en main. Pour la marijuana et le gouda, il ne put rien faire (c’est depuis ce temps-là que les Hollandais ne produisent plus de marijuana, mais préfèrent importer directement de Colombie la cocaïne qu’ils consomment ; pour le fromage, ils font comme ils peuvent).

En revanche, Aartje Herstel fut le véritable sauveur de la tulipe hollandaise. Il mit au point un heureux stratagème qui interdisait aux tulipes de pencher quand bien même tout les y invitait. C’était d’une simplicité biblique : un petit fil de fer venait corseter la tige de chaque tulipe et la dissuadait de tomber. Du coup, la production horticole batave était sauvée.

Aartje Herstel baptisa aussitôt son invention : « Herstel productieve » (redressement productif) et, pour fêter l’évenement, le stathouder fit tourner un joint tandis qu’un peintre inconnu réalisait le portrait du redresseur productif (que vous verrez mieux si vous cliquez sur la vignette ci-dessus).

Anonyme, Portret van Aartje Herstel. Vers 1624. Huile de cannabis sur toile conservée à la Galerie des Arts premiers hollandais de la Banque Lazard, Paris.

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5 Réactions à "Le sauveur de la Hollande"

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    MORASSE 2 septembre 2012 (12:31)

    Vos connaissances du néerlandais me stupéfient, cher tonton Raoul, comme disent mes petits enfants franco-hollandais à qui j’ai demandé de me traduire vos éléments de langage sentant le gouda vieux. Bon dimanche…

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    Raùl Cazals 2 septembre 2012 (17:24)

    J’ai fréquenté une gutturale batave en 1951 à Rotterdam. Elle n’avais pas de lanterne rouge, mais c’était tout comme. Enfin, vu que vous mettez vos petits-enfants à contribution, je ne peux en dire plus.

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    Tibor Skardanelli 2 septembre 2012 (18:11)

    J’aime cette façon de ramener nos Bataves en pleine lumière !

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    François Miclo 3 septembre 2012 (00:12)

    Tibor, n’encouragez pas Cazals : il va demander à être payé en femmes infidèles !

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    Raùl Cazals 3 septembre 2012 (03:51)

    Si c’est pour pleurer dessus, je préfère un rab de frites que mes grosses mains invitent à revenir en plus.

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